« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Génocide Wê de Duékoué: Laurent Fabius lâche Ouattara en direct à l’hôtel Meurice

Présenté comme la pièce maitresse du dispositif Ouattara auprès du gouvernement Hollande, le go-between entre ce dernier et Ouattara, Laurent Fabius ne s’est pas gêné pour lâcher le chef d’Etat ivoirien lors de sa dernière visite en France. Signe que le ministre français des Affaires Etrangères n’est pas si proche de Ouattara qu’on le croit, où qu’il n’est pas près de prendre tous les risques pour lui. Le lâchage de Laurent Fabius a eu lieu à l’hôtel Meurice où Ouattara est descendu avec sa délégation. En effet, la veille de sa rencontre avec le Président François Hollande, ADO y a reçu le ministre Fabius, pour les derniers réglages avant l’Elysée. Une heure durant, Alassane Ouattara l’a reçu en tête à tête. Signe de la complexité des sujets abordés. Pendant ce temps-là, les journalistes attendaient pour le point de presse qui devait sanctionner la rencontre. Durant cette dernière, un journaliste ivoirien a posé à Laurent Fabius la question suivante : « Pour répondre à la question sécuritaire à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, précisément à Duekoué, des massacres ont eu lieu la semaine dernière. Est-ce que ça a été au menu de vos discussions ?». Et contre toute attente, Laurent Fabius, auréolé du titre d’ami de Ouattara, lui assène le coup de grâce: « Je préfère laisser le Président Ouattara s’exprimer ». Selon les usages diplomatiques, Laurent Fabius aurait dû répondre à la question, même à minima, et ensuite passer le relais à Ouattara pour plus d’éclairage. Son attitude a été décryptée comme la preuve qu’il n’avait pas du tout l’intention de protéger Ouattara sur le génocide WÊ de Duekoué, ou de prendre des coups à sa place. Ouattara, surpris par l’attitude de son ami, de répondre que « la situation avait dérapé à l’ouest, qu’il condamnait la violence, que l’attaque du camp des réfugiés était inacceptable, qu’une commission d’enquête avait été mise sur pied qui est en cours de faire son travail et à l’issue de son travail, les juges prendront le dossier et ceux qui ont commis des crimes seront punis ». Et le journaliste de poursuivre : « Vous êtes au courant des seigneurs de guerre issus du Burkina Faso?». ADO: «Attendez que la Commission d’enquête fasse son travail et à l’issue de ce travail, il n’y aura pas d’impunité. Tous ceux qui ont commis des actes seront transférés à la justice internationale». Sur ce, la conférence fut interrompue de façon brutale, ADO prenant congé de Fabius de la façon la plus lapidaire qui soit, contrairement au protocole. Plus tard à l’hôtel Meurice, le journaliste ivoirien sera menacé par Ally Coulibaly, ministre de l’intégration africaine, et injurié copieusement par Charles Diby Koffi, ministre de l’Economie et des Finances du régime Ouattara, qui l’a qualifié de petit ingrat.

In NOTRE VOIE

Fri, 03 Aug 2012 10:26:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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