Des signes de survie
A priori, on pourrait déduire que l`APO est mort après le 11 avril 2011, car censé ramener la paix, c`est finalement la guerre qui a eu raison de cet accord. Mais certains signes indiquent que l`accord de Ouagadougou continue d`avoir une place dans la gestion des affaires en Côte d`Ivoire. Des pans entiers du texte de Ouagadougou n`ont pas été mis en oeuvre, quand la guerre est survenue. Il s`agit par exemple du chantier du désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants, du démantèlement des milices, de la refonte de l`armée, qui sont contenus dans le quatrième accord complémentaire. Le signe le plus évident que l`accord politique de Ouagadougou est encore de mise, c`est le maintien en Côte d`Ivoire du représentant spécial du facilitateur du dialogue direct, M. Boureima Badini. L`émissaire du président Blaise Compaoré continue de surperviser la mise en oeuvre de certains chapitres de l`Apo. Il a pris une part active au séminaire de reflexion sur la mise en place de la nouvelle armée ivoirienne qui s`est tenu à Bassam du 22 au 24 juin dernière. Récemment au cours d`une audience avec le nouveau président de la Cour suprême, Mamadou Koné, Boureima Badini a évoqué l`accord de Ouagadougou, notamment ses volets qui n`ont pas été exécutés. « Il reste des pans, notamment le volet militaire qui concerne le 4ème accord complémentaire qui gagnerait à être revisité aujourd’hui. Nous allons voir comment prendre cela à bras le corps pour permettre une sortie de crise harmonieuse et définitive. Actuellement, ce qui est important, c’est la sécurité », a-t-il dit, rappelant que son hôte du jour, Koné Mamadou, a été un acteur important dans l`élaboration et la mise en oeuvre de l`accord de Ouagadougou, en tant qu`ancien ministre de la Justice qui a organisé les audiences foraines et l`identification. Outre le président Koné Mamadou, Bouréima Badini a dit avoir déjà rencontré le président de la République Alassane Ouattara et le Premier ministre Guillaume Soro pour voir avec eux comment « réorienter » l`APO. Cette réorientation devrait concerner les chapitres suspendus de l`accord, dont l`un des plus importants est l`unicité des caisses de l`Etat qui n`est pas encore effective dans les zones centre nord et ouest sous contrôle des Forces nouvelles. Du côté de l`ancien régime, le N°2 Mamadou Koulibaly, qui tente de remettre l`ancien parti au pouvoir sur pied, avait proposé une reflexion sur le statut actuel de l`accord de Ouagadougou après la crise. Ce sont là autant de signes qui indiquent que l`APO a résisté à la tempête du 11 avril. Le hic cependant, c`est que l`un des acteurs majeurs et signataire de cet accord, l`ex-président Laurent Gbagbo, qui en est même l`initiateur, se trouve en prison. L`ancien chef de l`Etat, son Premier ministre d`alors Guillaume Soro, le président Bédié et l`actuel président Alassane Ouattara se retrouvaient périodiquement avec le facilitateur Compoaré pour faire le point de la mise en oeuvre, au Cadre Permanent de Concertation (CPC). Cette structure d`évaluation de l`APO se trouve aujourd`hui handicapée, voire bloquée dans son fonctionnement avec l`emprisonnement de Laurent Gbagbo.
Hamadou ZIAO in l’Inter
Mon, 27 Jun 2011 00:38:00 +0200
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