L’ancien ministre du Budget de l’ex-chef de l’État ivoirien a été placé sous « protection » policière ghanéenne, c’est-à-dire en détention préventive, et son dossier a été transmis à la Haute Cour de Justice du Ghana. La Chambre des Droits de l’Homme et des Libertés publiques de cette juridiction, doit statuer aujourd’hui sur la demande d’extradition formulée par les autorités ivoiriennes, en exécution d’un mandat d’arrêt international délivré par l’État de Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois. Le gouvernement ivoirien poursuit l’ex-ministre du Budget de Gbagbo, en exil au Ghana depuis la chute de l’ancien régime de la Refondation le 11 avril 2011, pour « crimes économiques ». Il est reproché à Koné Katinan Justin d’avoir organisé « un casse » à la direction nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), durant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011.
Le haut magistrat ghanéen du nom de Mensah, désigné le lundi 27 août pour instruire l’affaire, devait rendre sa décision le vendredi 31 août dernier. Mais le juge a reporté l’audience à ce mercredi, arguant qu’il n’avait pas pris connaissance du dossier. Les pro-Gbagbo sont donc suspendus au verdict qui sera prononcé ce matin par la Haute Cour de Justice du Ghana. Pour la défense de Koné Katinan, l’extradition de l’ex-ministre du Budget de Laurent Gbagbo est « hors de question ». Selon son avocat ghanéen, Me Patrick Sogbodjor, le porte-parole de Laurent Gbagbo est protégé par son statut de réfugié politique à lui accordé par l’État ghanéen et reconnu par le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR). Ce qui, selon lui, met son client à l’abri de tout rapatriement forcé vers son pays d’origine au regard des conventions internationales et sous-régionales, ratifiées du reste par le Ghana.
La position du président ghanéen
Un fait nouveau est intervenu dans le dossier, et il mérite d’être signalé. Le président ghanéen, John Dramani Mahama qui ne s’était jusque-là pas prononcé sur « l’affaire Katinan », a réagi hier mardi 04 septembre sur les antennes de la télévision publique ghanéenne. Le successeur de John Atta Mills a animé une conférence de presse publique radio-télévisée en direct, à la veille de son voyage en Côte d’Ivoire.
Un journaliste a saisi cette occasion pour demander au chef de l’État ghanéen, si sa visite chez son voisin de l’ouest ne sera pas parasitée par cette affaire. Voici en substance, la réponse du président John Dramani Mahama telle qu’elle nous a été rapportée par des sources présentes dans le pays. « Premièrement, je ne vais pas en visite d’État en Côte d’Ivoire. J’entreprends simplement une tournée dans la sous-région pour remercier les chefs d’État qui sont venus nous soutenir lors des obsèques de feu notre président John Evans Atta Mills. Deuxièmement, tous les réfugiés qui sont sur le territoire ghanéen sont sous la protection de l’État du Ghana. Aucun parmi eux ne peut faire l’objet d’extradition. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont la Constitution et les lois ghanéennes qui le stipulent », aurait déclaré le président ghanéen.
ANASSE ANASSE in L’Inter
Wed, 05 Sep 2012 04:11:00 +0200
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