« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Gouvernance: Le sort des biens des chefs d’État de la Cemac en France

Est-il encore prudent pour un chef d’État africain d’aller investir en France? Cette question, d’une façon ou d’une autre, doit trotter dans la tête de certains chefs d’État en Afrique en général, et dans celle de la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en particulier. Surtout au regard des déboires judiciaires qui arrivent ces derniers temps à la famille présidentielle équato-guinéenne. Les biens des familles de MM. Bongo et Sassou Nguesso sont aussi dans le collimateur de la Justice française.

A la famille Obiang Nguema: La Justice saisit un immeuble de plus 9 milliards de FCFA…

Le 19 juillet 2012, sur ordonnance des juges en charge de l’enquête de l’affaire dite des «Biens mal acquis», l’hôtel particulier parisien de M. Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit «Teodorin», fils du président de Guinée équatoriale, M. Teodoro Obiang Nguema, a été saisi. Le bâtiment de six étages, dont la valeur est estimée entre 100 et 150 millions d’euros (à peu près entre 6,5 et 9,8 milliards de FCFA). Il est situé sur l’avenue Foch, l’une des plus prestigieuses de la capitale française.
En février, une perquisition avait été menée pendant plusieurs jours dans cet immeuble de 3.600m2 appartenant, selon la justice, à M. Teodorin Obiang. Des œuvres d’art, du mobilier ancien, des vins fins et autres objets précieux d’une valeur globale estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros, avaient été alors saisis. Les magistrats avaient auparavant, fin 2011, saisi de nombreuses voitures de luxe au même endroit, dont des Bugatti et des Ferrari.
«La justice n’a pas le droit de le saisir. Il s’agit d’un immeuble d’État affecté à un usage diplomatique, tout cela a été enregistré (…) Cet immeuble n’est plus sa propriété depuis octobre 2011 et appartient à l ‘Etat de Guinée équatoriale», a affirmé Me Emmanuel Marsigny, avocat du fils du président cité par l’agence Sipa. M. Teodorin Obiang, 43 ans est accusé de blanchiment et de détournement de fonds publics étrangers, d’abus de biens sociaux et d’abus de confiance. Un mandat d’arrêt international a été émis début juillet 2012 à son encontre après avoir brillé par son absence à une convocation des deux juges en charge du dossier.
Nommé fin mai 2012, deuxième vice-président de son pays après avoir exercé la fonction de ministre de l’Agriculture depuis 2008, M. Teodorin Obiang bénéficie à ce titre d’une immunité, de même que l’hôtel particulier, selon son avocat qui estime qu’ «un jour, une juridiction va se prononcer sur la légalité de tout cela».

Chez les Bongo: 33 biens immobiliers en danger

Une enquête préliminaire a été ouverte en France mettant en lumière l’imposant patrimoine du clan Bongo. Dont 33 biens immobiliers appartenant l’ancien président gabonais, Omar Bongo, aujourd’hui décédé ou à sa famille. Pour certains de ces biens, le financement apparaît pour le moins atypique: des chèques provenant du compte de la paierie du Gabon à la Banque de France (censée rémunérer les fonctionnaires de l’ambassade), des sociétés écrans, des «cadeaux» de l’avocat de feu Omar Bongo, François Meyer… Cette enquête préliminaire a été classée sans suite en novembre 2007 suite à une décision politique prise au plus haut sommet de l’État.
La Cellule Françafrique a soutenu depuis le début cette mobilisation contre les biens mal acquis, organisant un tour de Françafrique en juillet 2007 autour des demeures des présidents gabonais et congolais et, en avril 2008, la saisie symbolique d’un hôtel particulier de plus de 2000m2 appartenant à la famille Bongo depuis juin 2007 pour plus de 18 millions d’euros. En tout, la famille de M. Omar Bongo Ondimba possèderait ainsi 33 appartements ou maisons dont un hôtel particulier de plus de 18 millions d’euros à Paris, acheté en juin 2007 par une société civile immobilière associant deux enfants du président gabonais (13 et 16 ans).

Le Clan Sassou Nguesso: Le gel de 112 comptes bancaires est envisagé

De fait, l’enquête préliminaire menée à Paris jusqu’en septembre 2007 n’a pas mis en évidence de compte au nom du président congolais Denis Sassou Nguesso. Mais, elle a permis d’en recenser… 112 aux noms de ses proches. A elle seule, son épouse Antoinette possédait à cette date: trois comptes courants (Crédit du nord, Crédit Lyonnais); un plan d’épargne populaire (Crédit lyonnais); un compte «titres» (CM CIC Securities); un compte épargne logement (Crédit lyonnais); un livret B (Crédit lyonnais). Sa fille Julienne disposait quant à elle de 12 comptes. Idem pour le fils du président Denis Christel, titulaire de 10 comptes (Société générale et Barclays).
Quant au président Sassou Nguesso, lui-même, il dispose de nombreux biens immobiliers dont l’un des plus importants est une demeure de 500 mètres carrés de surface habitable. On l’appelle la «villa Suzette». Elle est équipée notamment de salles de bain en marbre. Pour l’acquérir, M. Denis Sassou Nguesso avait dû verser, par l’intermédiaire de son frère aîné Valentin (décédé en 2004), environ 20 millions de francs le 28 juin 1983, soit 3 439 558,25 euros. Nul doute qu’elle vaut aujourd’hui beaucoup plus cher, même en temps de crise et le long de la voie ferrée

telediaspora

Thu, 16 Aug 2012 15:24:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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