« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Gouvernement – Comment le remaniement fait courir les ministres

Plus qu’une étape à franchir avant la formation du nouveau gouvernement. Il s’agit des législatives partielles, qui constituent en effet la dernière ligne droite à parcourir, pour arriver à la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale. Ces élections prévues pour le dimanche 26 février prochain, vont parachever la formation de la nouvelle Assemblée nationale. Avant cette étape, le président de la République, Alassane Ouattara, n’a pas voulu former un nouveau gouvernement. Il laisse ainsi une seconde chance à ses ministres qui sont encore engagés dans la bataille électorale, de pouvoir négocier un siège à l’Assemblée nationale. Le nouveau gouvernement devrait donc être connu après la mise en place du Parlement de la dixième législature. Des sources évoquent la première quinzaine du mois de mars pour sa formation. D’ici là, le chef de l’Etat aura l’occasion de voir clair dans le dossier de chacun de ses ministres. Les 36 membres de l’équipe actuelle seront passés au tamis, pour n’en retenir que les plus compétents et aptes à continuer l’aventure avec le président Ouattara. Qui seront donc les heureux élus ? Mystère. En attendant, les collaborateurs d’ADO sont sous pression. Ils mettent les bouchées doubles pour capter l’attention du président de la République. Actions d’éclat devant les caméras, présence sur le terrain, ponctualité et assiduité au cabinet ministériel, séminaires et autres ateliers de recadrage ou de redynamisation des actions dévolues au ministère, tout y passe pour séduire et mériter à nouveau la confiance du chef de l’exécutif. Sous la pression, des ministres, dont nous tairons les noms, vont plus vite que le temps. Ils annoncent la mise en œuvre de certaines mesures, dont les études de faisabilité ne sont pas encore terminées. Histoire de plaire au chef. D’autres font des vices de procédure, qui entachent quelque peu le fonctionnement de leur cabinet. D’autres encore, selon de bonnes sources, ne font plus un seul pas, sans la camera de la télévision nationale. Ils attendent même les preneurs d’images, avant de démarrer leur cérémonie. Une anecdote nous a été rapportée à ce sujet. Il s’agit d’un ministre qui devait visiter le chantier d’un grand projet. Il s’est alors déporté sur le site avant même l’heure prévue pour la cérémonie, et y attendaient les journalistes. Ce qui n’est pas très souvent le cas, car généralement ce sont les hommes de média qui attendent les ministres, dont la plupart passent pour être des champions du retard. Pour notre ministre du jour, il y avait un objectif à atteindre. Celui de montrer son intérêt pour le projet et attirer ainsi l’attention du président. Mais ne voyant pas de journalistes jusqu’à un certain moment, le ministre en question commence à s’inquiéter. Son service de communication a-t-il pris les attaches nécessaires pour que sa cérémonie soit relayée abondamment par la presse ? Impatient, le ministre lance : « Mais où sont les journalistes ? Habituellement, c’est eux qui nous attendent, et aujourd’hui ils ne sont pas encore là. Il faut qu’ils viennent avant qu’on ne commence à travailler », a-t-il dit, laissant ainsi transparaître sa volonté de passer à la télévision pour être vu. Et quand pointent les caméras de la télévision nationale, rapportent nos sources, le soulagement peut se lire sur le visage de notre ministre. Enfin il pourra montrer à son mandant qu’il travaille. Le membre du gouvernement ne se fera pas en effet prier, sous la camera, pour s’illustrer en véritable ouvrier, mettant la main à l’œuvre. Une attitude qui en dit long. Le ministre aurait-il agi ainsi s’il n’y avait pas de caméra ? Disons-le tout net, le remaniement annoncé et qui approche à grand pas, met une telle pression sur les ministres qu’ils multiplient les efforts pour en mettre plein la vue au chef de l’Etat, aux fins d’être reconduits.

Hamadou ZIAO inL’Inter

Wed, 22 Feb 2012 03:59:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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