« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Grande insécurité à Abidjan : Voici le vrai problème et ce qu`il faut faire

En ce moment, nombreux sont les observateurs qui estiment que depuis le déclenchement de la crise post-électorale, l’insécurité a atteint la côte d’alerte en Côte d’Ivoire. Et singulièrement à Abidjan. C’est la peur au ventre que les citoyens se rendent à leurs différents lieux de travail, à leurs domiciles ou à des endroits de divertissement. Les armes circulant en masse et de façon illégale dans la seule ville d’Abidjan, qui semble avoir payé le lourd tribut de cette crise post-électorale. Les pauvres populations en ont vu des vertes et des pas mûres.

Certaines de ces populations continuent du reste de souffrir de cette insécurité. Les citoyens anonymes, les opérateurs économiques, d’envergure ou non, sont pratiquement victimes, au quotidien, de cette insécurité. Insécurité sur laquelle nous n’avons de cesse d’attirer l’attention des pouvoirs publics. Et pour un tant soit peu résoudre ce qui pourrait, sans exagération, être considéré comme un fléau, la police, la gendarmerie et leurs frères d’armes des Frci ( Forces républicaines de Côte d’Ivoire), sont mises en scelle. Mais apparemment, la présence de ces forces n’est que simplement dissuasive et vraisemblablement non répressive pour l’heure. L’objectif majeur qui est celui de traquer les criminels ne semble pas encore figurer sur leur feuille de route. C’est sans doute pour cela que des criminels continuent d’attaquer des entreprises qui ont ouvert leurs portes. Ces scélérats continuent de piller des domiciles et d’arracher leurs véhicules à de pauvres citoyens. Mais à la vérité, si le taux de la criminalité a atteint en un temps record une envergure à faire frémir, c’est bien parce que, aussi, de nombreux prisonniers évadés sont venus grossir les rangs des délinquants qui exerçaient déjà sur le terrain. Selon les statistiques, ce sont environ un peu plus de 10.000 taulards qui se sont fait la belle. D’Abidjan, à Daloa, en passant par Bondoukou, Adzopé avec 4000 pensionnaires, Abengourou et autres, la liberté a été « gracieusement » offerte à ces bagnards, qui n’ont pas boudé leur plaisir. Lors du déclenchement de la crise post-électorale, des factions ayant cru bon d’ouvrir les portes des géôles pour permettre à tous ces individus de recouvrer une liberté usurpée. Certainement, pour en faire des soldats à leur solde. Mais aujourd’hui, malgré la cessation des hostilités, tous ces individus, non « encasernés », constituent un réel danger pour les populations.

Parce que la quasi-totalité de ces quidams continuent de se livrer à des actes pour lesquels, ils s’étaient pourtant retrouvés dans une cellule. Pour résoudre ce problème, il y a donc lieu pour les autorités compétentes, de restaurer, sans plus perdre de temps, les prisons ouvertes et rechercher ensuite activement les fuyards, pour les boucler à nouveau. Au
demeurant, ces fuyards, pour leur part, doivent savoir qu’ils sont parfaitement listés, fichés et qu’ils ne peuvent aucunement échapper à la trappe de la loi. En étant dehors, ils sont dans l’illégalité totale. Selon un homme de loi qui a requis l’anonymat, si la justice reprend son cours normal et que les postes de police et de gendarmerie retrouvent leur fonctionnement normal, tous ces évadés devraient avoir la sagesse de se rendre. Auquel cas, ils n’aggraveraient que leur situation. Vu que s’il advenait qu’ils étaient épinglés, il leur serait collé le délit d’évasion qui, en matière pénale, est très grave. Et là, ils seront de nouveau jugés et condamnés au double de la peine qu’ils purgeaient avant qu’ils ne se retrouvent dans la nature, par un concours de circonstances. Mais franchement, de là à espérer que ces évadés soient gagnés par la sagesse de se livrer, on pourrait attendre jusqu’à la saint-glinglin. Car justement, c’est parce qu’ils n’ont nullement été habités par la sagesse que ces individus, aujourd’hui en fuite, s’étaient retrouvés derrière des barreaux.

KIKIE Ahou Nazaire in Soir Info

Fri, 13 May 2011 01:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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