Dans la majorité des établissements où nous nous sommes rendus, il régnait un silence de cimetière. Enseignants et élèves ont préféré rester chez eux. C’était le cas à l’école régionale de Treichville. Dans ce groupe scolaire renfermant 12 écoles, la cour de récréation était vide. Idem pour l’établissement technique Celia, implanté dans cette commune. Kouadio Loukou Achille, étudiant inscrit en IBT G2, rencontré en bordure de route a laissé entendre qu’il rentrait à la maison. « Certains de nos professeurs nous ont demandé de rentrer à la maison pour revenir le lundi prochain parce qu’ils sont en grève », a-t-il indiqué. Les cinq jours de débrayage, il entend les mettre à profit pour réviser les matières dans lesquelles il éprouve des difficultés. Comme lui, Marie Rose Lobouet en classe de terminale A au Lycée Classique d’Abidjan veut s’adonner, le temps de la grève, à la préparation de l’examen blanc prévu pour décembre. M. Koné, le proviseur de cet établissement s’est indigné de l’absence des enseignants. « C’est cynique d’avoir une école sans enseignants », a-t-il fait savoir avant de préciser que l’administration était au travail. Même son de cloche au lycée Sainte Marie de Cocody, où le censeur, Zanni Bi, a soutenu que l’administration de l’école était à son poste.
Toutefois, il a expliqué que les cours ont été arrêtés aux environs de 9 h, quand des syndicalistes ont demandé, sans violence aux enseignants de déposer la craie. « Les cours ont été interrompus mais l’école n’est pas fermée. Nous avons demandé aux élèves de rester en classe pour des consignes », a-t-il souligné. Ce qui n’était pas le cas au collège moderne de Cocody. En l’absence des professeurs, les élèves ont préféré rentrer à la maison. Si certains affichaient une mine de joie, d’autres, par contre, expliquaient difficilement cet arrêt de travail qui, selon eux, va demander des efforts supplémentaires à la reprise des cours. Un enseignant rencontré à l’Epp Amon D’Aby au Plateau, a déploré cette grève. Mais ce sentiment semble ne pas être partagé par de nombreux enseignants qui ont décidé de suivre le mot d’ordre de grève lancé par l’Intersyndicale du secteur éducation-formation (Isef) et le Syndicat national de l’enseignement primaire public de Côte d’Ivoire (Sneppci).
Au dire du secrétaire général du Midd, Komoé Mesmin, vice-président de l’Isef, la grève est suivie à 100 % dans l’enseignement primaire public et dans celui du secondaire technique. Quant au secondaire général, a-t-il poursuivi, l’arrêt des cours est observé à 98 %. Il est bien de noter que cette grève, dans le primaire et le secondaire publics, est liée à la non satisfaction des revendications formulées par les enseignants et portant sur des reliquats de salaires, d’accessoires de salaires et diverses indemnités.
Elysée YAO in Soir Info
Tue, 20 Nov 2012 09:07:00 +0100
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