« Plus de 90% des opérateurs de l’abattoir de Port Bouet ne sont pas ivoiriens (…). N’abusez pas de notre générosité et de notre hospitalité (…). Nos jeunes ont besoin d’emploi. Nous pouvons les former et demander à l’Etat ivoirien de donner les moyens et nous allons vous remplacer. Ce n’est pas ce que nous ne pouvons pas le faire». Tels sont les propos tenus le mardi dernier par Kobenan Kouassi Adjoumani Innocent, ministre de la production animale et des ressources halieutiques lors d’une rencontre avec les bouviers.
Les raisons de sa colère, une grève des bouviers qui protestaient contre l’excès de taxes qui frappe leur secteur d’activité. Et tout ce que le ministre de la république a trouvé comme réponse, c’est de les menacer pour la simple raison que la majorité des exploitants du secteur seraient des étrangers.
Une réaction excessive et surtout surprenante de la part d’un ministre appartenant à une coalition politique qui a longtemps accusé le régime précédent de mener une politique contre les étrangers. Mais les propos de M. Adjoumani font surtout craindre le retour à la surface du Concept triste de l’ivoirité. On n’oubliera pas M. Adjoumani est l’un des cadres Pdci qui avaient abondamment promu ce concept xénophobe pendant le règne d’Henri Konan Bédié. Ils l’ont ensuite renié quand ils se sont alliés à Alassane Ouattara par pure opportunisme politique. On voit maintenant que, comme le chien qui ne change pas sa façon de s’asseoir, les personnes comme Adjoumani n’ont pas encore renoncé à leur concept d’ivoirité qui les amène à voir derrière les revendications la nationalité ou l’origine ethnique de leurs auteurs.
Les communautés étrangères qui ont pris fait et cause pour le Rhdp sous prétexte qu’il garantirait mieux leurs intérêts n’ont pas attendu longtemps pour découvrir que leurs vrais bourreaux, ce sont ceux qu’elles ont aidés à arriver au pouvoir.
Gomon Edmond et Augustin Kouyo in NOTRE VOIE