Un homme d’affaires soupçonné
Les services français et américains n’en ont pas la preuve, mais ils soupçonnent le milliardaire franco-israélien, Beny Steinmetz, d’être derrière cette tentative de déstabilisation. L’homme d’affaire, à la tête du groupe éponyme Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), est en conflit avec les autorités de Conakry qui l’accusent de corruption. En jeu, le gisement du Simandou estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le 19 avril, deux employés de BSGR ont été arrêtés : Ibrahima Sory Touré, vice-président et directeur des relations publiques de la société et frère de Mamadie Touré, l’épouse de l’ancien président Lansana Conté, qui vit actuellement aux États-Unis, et Issaga Bangoura, responsable de la sécurité. Selon la justice guinéenne, ces arrestations s’inscrivent "dans le cadre d’une enquête pénale multi-juridictionnelle en cours sur l’acquisition par la société BSGR de droits relatifs aux blocs 1 et 2 du gisement de Simandou". La CIA et la DGSE lient le controversé Beny Steinmetz à un groupe de trois mercenaires, Victor Nassar, Patrick Klein et Steve Bokhobza. "Les trois hommes, explique le note américaine, ont contribué à la création d’un mouvement guinéen bidon, le Parti national pour le renouveau", écrit Le Canard. Ce parti, "sans doute sponsorisé par BSG", a écrit dans son mémorandum qu’il laisserait à la société de Benny Steinmetz ses droits d’exploitations de Simandou, "en cas de participation au gouvernement".
"La Guinée est en danger"
Interrogé, mercredi, lors d’une rencontre avec une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie, le ministre guinéen de la Sécurité, Madifing Diané, a d’abord décliné tout commentaire. "Ce sont des services plus structurés que les miens, la CIA et les services français, qui font allusion à ça", a-t-il simplement dit. Avant de préciser : "La Guinée est en danger et la ficelle est tirée à partir de l’extérieur." Madifing Diané a mis en cause, sans les nommer, des membres de l’alliance formée autour de l’Union des forces démocratique de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo. Selon le ministre, il y a "des hommes politiques de l’UFDG qui sont à l’étranger, orientent et manipulent" des membres de l’opposition, semblant toutefois disculper Cellou Dalein Diallo et certains de ses dirigeants alliés. "Le président de l’UFDG et ses alliés ont appelé à la retenue, en affirmant que ceux qui sont dans la rue ne sont pas des militants de leurs partis. Ce sont des loubards qui font tort à leur peuple", a précisé Madifing Diané.
jeuneafrique.com
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