Les avocats de l’ex-président n’étaient pas en mesure jeudi de confirmer si M. Aristide répondrait à cette convocation.
Suite à une demande de report de ses avocats, M. Aristide a été convoqué mercredi alors qu’il était initialement attendu jeudi devant un tribunal haïtien pour être entendu sur des plaintes pour "crimes économiques, vols, abus de confiance et association de malfaiteurs", a indiqué le chef du Parquet.
M. Aristide est notamment accusé par d’anciens pensionnaires de sa Fondation La Fanmi se la vi (la famille c’est la vie), qui recueillait des enfants des rues dans les années 90, d’avoir abusé de leur situation pour gagner de l’argent.
Un autre groupe de victimes d’une arnaque de banques coopératives en 2003 accuse aussi l’ancien président d’avoir tiré des avantages personnels de cette activité, au détriment des sociétaires.
Dans une lettre au chef du Parquet –commissaire du gouvernement–, un avocat de l’ancien président, Me Mario Joseph, avait demandé de lui transmettre une copie des "prétendues plaintes" et indiquait que la convocation par la justice lui était parvenue tardivement, le 2 janvier.
L’avocat estimait notamment que le délai de 24H00 n’avait pas permis à l’ancien président d’"organiser la logistique nécessaire pour assurer sa sécurité".
Interrogé par l’AFP, un autre avocat de M. Aristide, Me Newton Saint-Juste, a jugé la convocation "abusive". "Elle n’a rien à voir avec le droit. C’est une démarche à motifs politiques. Le commissaire du gouvernement agit sous la dictée du pouvoir en place", a-t-il déclaré.
Des unités de la police haïtienne avaient été déployées devant le tribunal où était attendu l’ancien président, alors que deux groupes de partisans et adversaires de M. Aristide manifestaient sur place sans faire de victimes. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de partisans de l’ancien homme fort de Port-au-Prince.
"Vive Aristide !", scandaient les manifestants qui brandissaient des pancartes en faveur de l’ex-président. "Aristide doit être jugé et enfermé dans une prison", lançaient de leur côté des groupes de jeunes se présentant comme des victimes de l’ancien président.
M. Aristide a effectué trois mandats écourtés à la tête d’Haïti, en 1991, de 1994 à 1996 et de 2001 à 2004. Il a regagné le pays en mars 2011 après 7 ans d’exil en Afrique du Sud.
AFP
Sun, 06 Jan 2013 16:51:00 +0100
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