« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Il est une légende


Les grands hommes de ce monde ont toujours eu une courbe historique particulière. La persécution fait partie du lot des événements qu’ils suscitent contre leurs personnes en raison de la rupture qu’ils introduisent dans le confort de ceux qui aimeraient tourner en rond, en exploitation à fond la carte de la bestialité et de l’obscurantisme. Le philosophe allemand Friedrich Hegel dit en substance que ce sont les grands hommes qui font l’histoire. Laurent Gbagbo fait-il partie de ces hommes qui tissent la trame de notre contemporanéité ? Demain quand quelqu’un cherchera à comprendre notre époque, pourra-t-il y comprendre quelque chose sans lire un seul livre sur Laurent Gbagbo ? Cela ne risque pas d’arriver parce que la profusion des livres à succès sur l’homme nous prouve qu’il s’est définitivement installé dans l’histoire de notre humanité. Sait-on que Socrate n’a jamais écrit une seule ligne de réflexion ? Sait-on aussi qu’il a été persécuté et condamné à mort par le pouvoir politique parce qu’on croyait qu’il corrompait la jeunesse ? En fait, il faisait sortir la vérité des esprits minés par l’obscurantisme. Les livres que son disciple Platon a écrits sur lui ont fait de lui le père de la philosophie. Tout comme il y a en philosophie un avant et un après Socrate, en religion un avant et un après jésus Christ, dans l’histoire de la ségrégation raciale un avant et un après Martin Luther King, dans l’histoire de la françafrique il y aura sûrement un avant et un après Laurent Gbagbo. A l’instar de tous ces grands hommes qui perlent notre histoire, Laurent Gbagbo est aujourd’hui persécuté pour son acharnement à mettre fin au système colonial de l’exploitation des peuples africains. C’est la noblesse du combat qui inspire tous ceux qui écrivent actuellement sur lui pour que la mémoire collective n’oublie pas les acquis de la lutte contre les forces rétrogrades. Ces dernières, parce qu’elles défont l’histoire en nous rappelant les abysses de notre bestialité, c’est à juste titre qu’on a tendance à les broyer dans le refoulement d’un inconscient collectif. 



Joseph Marat

Thu, 01 Mar 2012 21:28:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.