« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Contributions

Ils ne sont pas encore ″rattrapés″

Faut-il supporter les Éléphants et attendre d’eux qu’ils remportent cette coupe cette année ? Nombreux sont les Ivoiriens qui sont encore en proie à ce questionnement et qui sont tiraillés entre leur amour pour leur Onze National et le sentiment de réprobation qui accompagnera la campagne de récupération que le régime actuel fera de cette victoire des Eléphants. Alors que certains ont sublimé ce sentiment qui se justifie à la lumière de l’histoire récente de notre jeune nation, d’autres continuent de s’enfermer dans une totale indifférence allant jusqu’à souhaiter la défaite de nos pachydermes. Disons le tout net. On ne pourra pas éviter que Dramane Ouattara récupère la victoire des Éléphants qui se profile à l’horizon. Il en a besoin pour se sentir à la tête d’une nation unie. Il ne manquera pas de se faire l’illusion de confondre la joie des Ivoiriens devant le triomphe des Éléphants à la célébration de sa personne et de sa politique. Cela rentrera dans le même registre que le manque de scrupule qui accompagne toute la propagande personnifiée faite autour de la réfection de la voirie que Laurent Gbagbo a goupillée avec les bailleurs de fond de la Banque Mondiale bien avant que Ouattara ne conquiert le pouvoir dans les conditions que nous savons. Mais dans la balance, cela ne représente en définitive rien devant le mérite qu’a acquis cette génération pour être enfin sacré champion d’Afrique. Au-delà de cette ambiance politique malsaine qui castrerait certains de jouir pleinement de cette coupe d’Afrique, disons que cette équipe de football, telle qu’elle est aujourd’hui, ne doit rien à Dramane Ouattara. C’est une équipe montée de toutes pièces par le président Laurent Gbagbo. La maturité et l’expérience qui en font une équipe puissante, ne date pas de la politique de rattrapage de Dramane. On n’empêchera personne d’être sans vergogne pour profiter des retombés des durs labeurs des autres, mais, de grâce, ne laissez personne vous faire penser que vous avez cessé d’être Eléphants. Supportons-les pendant que les fossoyeurs de notre unité nationale ne les ont pas encore ″rattrapés″. 



Joseph Marat

Sat, 11 Feb 2012 06:40:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.