Charles Kouassi In l’Intelligent d’Abidjan
Comme UN vent de panique…
Cet après-midi du mercredi 29 novembre 2011 automnal a été très chaud pour les partisans de Laurent Gbagbo en France. L’annonce de l’incul- pation du Woody de Mama par la CPI a quasiment créé l’effondrement. C’était la fin …du monde. Pendant que certaines nounou rappelaient leurs employeurs à regagner d’urgence leurs domiciles afin de garder eux-mêmes leurs petites têtes blondes, d’autres exécutaient le ‘’Laga-digbeu’’ (une danse funéraire en pays bété) en plein Paris sur le chemin du retour du ‘’djôssi’’ en ce milieu d’après-midi. Les téléphones n’ont pas cessé de son- ner, les forfaits téléphoniques ont été explosés. La galaxie patriotique de Paris était dans la panique. Laurent Gbagbo inculpé et conduit à La Haye, pour tous, c’est la fin, c’est pire que la mort. Sentant la panique s’ins- taller, le leader de la résistance, Abel Naki s’est vu obligé d’émettre un SMS afin de demander à ses partisans de ne pas se laisser aller à ce qui pourrait conduire à des actes inconsidérés.
J.P. Oro
Inculpation de Laurent Gbagbo par la CPI : Des réactions à chaud depuis Paris
L’annonce de l’inculpation de Laurent Gbagbo par la CPI à Korhogo et celle de son transfèrement ont retenti à Paris comme un séisme dans la galaxie patriotique ivoirienne de France. Entre effusion de larmes et accès de colère sur le pavé parisien, les partisans de Laurent Gbagbo crient leur indi- gnation. Des leaders de la résistance anti-Ouattara aussi. Réactions
CHRISTINE ZÉKOU (LEADER DES FEMMES PATRIOTES DE FRANCE) : «La lutte continue !» «L’inculpation du président Laurent Gbagbo par la cour pénale internationale ne sonne pour nous comme la fin du combat que nous avons commencé avec lui de- puis 1990. Le combat de la liberté. Son arrestation du 11 avril dernier nous a tous ragaillardis, son inculpation décuplera nos forces. Nous nous battrons avec tous les moyens légaux pour que Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire soient libérés du joug néocolonial français. Le combat ne s’arrête pas, bien au contraire, la lutte conti- nue ! Rien ne nous arrêtera jusqu’à la libération totale de la Côte d’Ivoire. Les enfants de Laurent Gbagbo res- tent dignes et debout face à l’adversité. Le combat de la liberté n’est jamais complètement achevé, alors réar- mons-nous de courage et éliminons la peur en nous par- ce que le serpent de l’oppression coloniale n’est pas en- core mort».
ABEL NAKI :
«La CPI est un instrument politique »
« La décision de la CPI d’inculper le président Laurent Gbagbo ne me surprend pas. Nous avons toujours su que cette juridiction était un instrument au service des inté- rêts des puissants de ce monde. Sa décision donc d’in- culper mon président n’est pas une décision de justice. Luis Moreno-Ocampo a-t-il oublié les gendarmes exécu- tés à Bouaké en septembre 2002 ? Ocampo a-t-il-oublié la centaine de personnes tuées par l’armée française de- vant l’hôtel Ivoire en novembre 2004 ? Ocampo peut- il nous donner des signes de vie des jeunes patriotes qui campaient devant la résisdence présidentielle durant les bombardements français de début avril 2011? Pour Ocam- po, les morts de Duékoué ne comptent certainement pas ? Demandez à Ocampo de m’expliquer les exécutions des partisans de Laurent Gbagbo. Ocampo et Sarkozy veu- lent se venger de l’échec qu’ils ont essuyé en Libye. Alas- sane Ouattara aurait beaucoup gagné à ne pas livrer Lau- rent Gbagbo. Maintenant, c’est avec qui il va se récon- cilier ? Nous ici en France et en Europe, nous userons de tous nos moyens pour apporter la preuve de la main cou- pable de Sarkozy dans la tragédie ivoirienne ».
Propos recueillis par Jean-Paul Oro à Paris
NAMKEY KOFFI, PORTE-PAROLE DU PRÉSIDENT DU PDCI : : « Ce n’est pas un grand événe- ment »
‘’Il était en situation d’attente. C’est le moment qu’on attendait qui est arrivé. Il n’y a rien d’autre à dire. Vous voulez en faire un grand événement ? Ce n’est pas un grand événement puisque nous savions qu’il devra répondre de ses actes. Laissons maintenant la justice faire son travail. On n’a pas à
faire des commentaires là-dessus’’.
AFFOUSSY BAMBA (FORCES NOUVELLES) : « C’est la suite logique de son in-culpation pour crimes économiques »
‘’Le gouvernement de Côte d’Ivoire avait inculpé l’ex-président pour crimes économiques. A la suite de cela, la Cour pénale internationa- le s’est saisie du dossier. Le trans- fèrement de Laurent Gbagbo est donc la suite logique de son incul- pation par le gouvernement pour crimes économiques’’.
ALASSANE SALIF N’DIAYE, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’UDPCI :« Nous pensons qu’une justice non partiale sera rendue à l’ancien chef de l’Etat »
‘’C’est le signe de ce que la justi- ce internationale tient à ses engage- ments. En effet, depuis le 11 avril
2011, la Cour pénale internationale a pris en main le dossier sur les crimes contre l’humanité commis en Côte d’Ivoire. Le procureur Ocampo est passé à Abidjan. Nous pensons qu’une justice non partiale sera rendue à l’ancien chef de l’Etat. Pour cela, que la Côte d’Ivoire sorte de la scène implacable de l’impunité et que nous entrions définitivement dans l’Etat de droit que veut construire le président Alassane Dramane Ouattara’’.
YOUSSOUF SYLLA, MAIRE D’ADJAMÉ (RDR) : « Que la justice fasse son tra- vail à La Haye »
‘’Je n’ai pas de réaction. Que la jus- tice fasse son travail. Que chacun accepte le verdict. Je me pose toujours la question de savoir ce que l’ancien Président Laurent Gbagbo voulait faire de la Côte d’Ivoire. Moi-même qui vous parle, une bombe est tombée dans ma maison. Je me demande si c’est un cimetière qu’il voulait créer pour le gérer. Alors, que la justice fasse son travail à La Haye’’.
KOUA JUSTIN, SN PAR INTÉRIM JFPI : «J’appelle à une grande mobilisation »
‘’J’appelle à une grande mobi- lisation ce samedi au siège du Cnrd. Parce que nous estimons que Laurent Gbagbo n’est pas un chef de guerre. Il était Pré- sident de la République et il avait sous sa responsabilité l’ar- mée de Côte d’Ivoire. Celui qui a créé les Frci le 17 mars 2011, c’est bien M. Dramane Ouattara. Et le 27 mars 2011, les Frci ont pris les villes les unes après les autres jusqu’à Abidjan. Cette conquête ne s’est pas faite par la distribution de gâteaux ou de biscuits aux populations mais plutôt par des mas- sacres comme l’attestent tous les rapports des Ong de droits de l’Homme. Mais comme c’est une justice des vain- queurs sur les vaincus, nous allons de notre côté, réflé- chir sur les moyens à mettre en œuvre pour que justice soit véritablement rendue. Dans tous les cas, la Jfpi sera à la hauteur de la provocation et nos stratégies resteront conformes au droit constitutionnel’’.
DAHI NESTOR, SN À L’ORGANISATION JFPI :« Il faut désespérer de cette justice internationale »
‘’La justice internationale n’est pas crédible. Si, avec les crimes attestés par les Ong de défense des droits de l’Homme, c’est Laurent Gbagbo qui doit être transféré à La Haye, je dis qu’il faut désespérer de cette justice. Nous compre- nons par là qu’il s’agit d’une justice aux ordres des im- périalistes. Et la CPI n’est qu’un instrument à la solde des Blancs pour punir les seuls dirigeants des peuples faibles qui ne respectent pas leurs vœux. Nous allons appeler à des séances d’information pour dégager la conduite à te- nir’’.
MARC BLÉ SÉPÉ, COORDINATEUR COJEP DE SAN- PEDRO «Je suis déçu des nouvelles autorités»
‘’C’est une grande déception que je ressens. Je suis déçu des nouvelles autorités. J’ai l’impression qu’elles ne sont pas pour la réconciliation et elles ne se soucient pas des Ivoiriens. Je pense que deux camps se sont affrontés et s’il doit avoir réconciliation, ces deux camps devraient se parler. Mais avec ce que nous apprenons maintenant, je suis abattu et les mots me manquent pour exprimer cet- te déception. L’espoir n’est pas pour autant perdu et il ne peut pas se perdre. Nous avons appris la lutte politique. Cette lutte continue et elle continuera sans violence mais avec les moyens démocratiques. Nous allons nous concer- ter pour adopter les stratégies’’.
Par S. Débailly et Touré Abdoulaye
In L’Intelligent d’Abidjan
Wed, 30 Nov 2011 01:52:00 +0100
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