« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Inhumation d’Awa Fadiga : Douloureuse séparation…

Digne jusqu’au bout. Ainsi pourrait-on qualifier l’attitude des parents, amis, connaissances et même anonymes venus accompagner hier Awa Fadiga à sa dernière demeure. Tout commence à la morgue du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Cocody. La levée de corps du jeune mannequin, décédée le mardi 25 mars 2014 au service de réanimation du Chu de Cocody, est prévue pour midi comme l’indique le tableau d’affichage de la morgue. Mais à onze heures déjà, la cour de la morgue est prise d’assaut par de nombreuses personnes. Principalement parents, amis et connaissances. Le collectif Awa Fadiga (Caf) est bien visible. On reconnaît ses membres par les tee-shirts blancs à l’effigie de la défunte, sur lesquelles l’ont peut lire « le taximètre l’a agressée, le Chu l’a tuée, RIP (Repose en paix) Awa ».

Le porte- parole du collectif, Ouattara Bimitian, passe de groupe en groupe pour tenir le moral de « sa troupe ». Finalement, lui et son staff décident d’appeler tout le monde pour une mise à niveau. « Ecoutez, nous savons ce que nous sommes venus faire. La ministre de la Santé sera là. Nous demandons à tout le monde de rester calme. Rien que pour le respect d’Awa, nous devons rester calme », lance-t-il à la foule attroupée. Mais, finalement, la ministre de la Santé, Dr Raymonde Goudou Coffie, ne viendra pas. Elle est représentée par son directeur de cabinet Douhou Pierre et son adjoint Dr Koné Mamadou. Avec eux, le directeur du Chu, Pr Jean Claude Kouassi. Les trois personnes échangent avec les parents de la défunte. Après quoi, le porte-parole de la famille, Bamba Babadjan, demande la permission pour « enterrer notre fille selon les préceptes de notre religion ». L’imam de la mosquée du Chu qui intervient après, exhorte la famille au pardon. « Ce que Dieu met sur notre chemin, on ne peut y échapper », déclare-t-il. Avant d’inviter la famille à « être au dessus de l’émotion, à être des croyants, à cultiver l’amour », même si « cela n’empêche pas que les responsabilités soient situées ». Le guide religieux termine son oraison funèbre avec la fatwa. Il est exactement 12h20 mn, lorsque le corbillard se positionne à l’entrée de la morgue. A la vue du cercueil, nombreuses sont les personnes qui oublient leur résolution, celle de rester digne. On fond en larme, on crie, on se demande pourquoi cela est arrivé. « Tu m’as tué Awa », lance une tante de la défunte. Sa mère, Sita Koné Fadiga, ne tient plus sur ses jambes. Elle est soutenue par des membres de la famille qui l’installe dans une voiture. Bref, c’est en pleurs que tout le monde quitte la morgue. Direction, la grande mosquée de Williamsville pour la prière mortuaire. Laquelle a eu lieu à 13h 35 mn, juste après la prière de 13h30 mn. De la mosquée, le corbillard prend la direction du cimetière de Williamsville pour l’enterrement. Une fois encore, parents, amis et connaissances sont présents, dans la douleur, mais dans la dignité. Adieu Awa Fadiga, que ton âme repose en paix.

Dao Maïmouna
In Le Patriote

Tue, 01 Apr 2014 13:09:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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