Il indique que les bandits sont arrivés, dans la matinée, aux alentours de 9h : « ils ont maîtrisé mes frères qui se trouvaient devant le portail. Puis, ils ont pénétré. Ils ont cassé la porte d’entrée. Ils avaient chacun un pistolet automatique. L’un d’entre eux a pointé son arme sur moi. Il m’a conduit de force dans la chambre ». Dano Djédjé et les membres de sa famille présents dans la villa- une dizaine de personnes, en tout- ont été enfermés dans la chambre à coucher du chef de famille. « C’est une séquestration. Et cela a duré 45 minutes, 45 minutes particulièrement éprouvantes », précise l’ancien député de Gagnoa qui arborait, à notre passage, un ensemble bleu. Les filous ont passé en revue toutes les pièces de la résidence. « Il leur arrivait de me dire : debout ! Assis ! Mettez-vous ici ! Ils ont demandé : c’est vous le ministre de la réconciliation ? Je leur ai répondu : oui, je l’ai été. Ils m’ont prévenu que s’il leur arrivait de me demander quelque chose, si je leur disais que je n’en avais pas, si dans leur fouille, ils tombaient sur ce qu’ils recherchaient, ils m’abattaient.»
Tout le temps que l’opération a duré, Dano Djédjé et ses proches étaient en proie à une peur indicible : « Vous imaginez le choc ! On a eu vraiment la bénédiction de Dieu. Ils ont exigé d’avoir mon coffre-fort alors que je n’en dispose pas.»
Après qu’ils ont achevé d’inspecter la maison, les visiteurs ont rangé leurs provisions dans un « joli et grand sac » que Sébastien Dano Djédjé a reçu d’une connaissance en Italie. « Ils ont pris les clés de la voiture. Ils y ont tout déposé. Puis, ils ont filé », avance l’ancien chef de la Réconciliation nationale. Sa voiture a été retrouvée plus tard à 500 mètres de la maison. « Au-delà du butin, de tout ce qu’ils ont pu prendre. C’est quand même saisissant que des bandits puissent opérer en pleine matinée. Il faut voir le problème de l’insécurité. La situation est de plus en plus préoccupante. Aujourd’hui, c’est moi, demain ce sera peut-être un autre. On doit pouvoir juguler cette vague d’insécurité et de banditisme », décortique l’actuel secrétaire général-adjoint chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale du Fpi.
Dans son salon, défilaient, hier, parents et camarades venus s’enquérir de sa situation. « Moralement, c’est pas bon. Mais, on ne peut pas s’arrêter de vivre ! », raisonne Sébastien Dano Djédjé. Le dirigeant du Fpi ne souhaite pas « (se) hasarder » à quelque explication politicienne de son cambriolage. S’il a cessé de bénéficier d’une garde rapprochée depuis l’attaque du mois d’août contre le camp d’Akouédo, Dano Djédjé s’en remet à « Dieu » et vit « le plus simplement possible ». Le ministre nous a appris qu’il a fait sa déposition au commissariat du 35e arrondissement.
Kisselminan COULIBALY in Soir Info
Wed, 12 Sep 2012 05:23:00 +0200
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