« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Instabilité à l’Ouest: Encore du feu et du sang hier à Duekoué 4 morts, le camp des réfugiés incendié – Des armes de guerre et des munitions saisies

Des attaques meurtrières perpétrées dans la nuit du jeudi au vendredi par des bandits, ont fait quatre (4) morts. Excédées par la série de violences devenue quasiment quotidienne, les populations, notamment celles du quartier résidentiel extension II, communément appelé ‘’ Kokoma ‘’, où a eu lieu l’attaque meurtrière, ont décidé de se faire justice.

Elles ont ainsi mené une expédition punitive sur le camp des réfugiés de Nahibly, situé sur l’axe Duékoué-Guiglo, soupçonné d’être le refuge des bandits. Ce camp qui abrite environ 5000 âmes, a ainsi été attaqué et incendié. Les occupants des lieux ont dû fuir pour échapper aux assaillants, qui jetteront leur dévolu sur les tentes et autres matériels trouvés sur place, avant d’y mettre le feu. Tout commence le mercredi 18 juillet dernier. Alors qu’une réunion de sensibilisation des populations sur l’insécurité se tenait dans le quartier « Père- thète », les bandits choisissent de frapper dans un autre quartier, où ils attaquent une cour. La riposte de FRCI fait deux morts dans le camp des bandits.

Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 juillet, les assaillants refont surface, cette fois dans le quartier Kokoma, non loin du camp des réfugiés de Nahibly. Selon les témoignages des habitants du quartier, c’est aux environs de 1 heure, ce jusqu’à 2 heures du matin, que les bandits ont sévi, faisant 4 morts par balles et des femmes blessées. Les dozos (chasseurs traditionnels du Nord) qui assurent la sécurité du quartier, se rendent alors sur les lieux, après avoir entendu les coups de feu.

A la vue des dozos, les bandits ouvrent le feu. S’ensuivent alors des échanges de tirs entre les assaillants et les chasseurs traditionnels. Ceux-ci feront un blessé grave parmi les bandits. Mais ses collègues qui ne veulent pas l’abandonner sur place, l’emportent avec eux. Les dozos, toujours à en croire les témoignages, suivront les traces de sang laissées par le blessé, traces qui mènent au camp des réfugiés de Nahibly.

Cela a suffi à asseoir la conviction des populations de Kokoma que les assaillants sont partis de ce camp. D’où l’attaque de vengeance qu’elles ont menée hier contre ce camp. Les familles de victimes, des populations indignées, des badauds, ont convergé en grand nombre vers ce site pour régler les comptes à ceux qu’ils soupçonnent de les avoir attaqués.

Et malgré les tirs de somation des forces de l’ordre présentes sur place, et surtout des soldats onusiens chargés de la sécurité des déplacés, les populations prises de colère ont forcé le portail et fait tomber la clôture. Elles saccagent tout et mettent le feu aux tentes dressés qui servent d’abri aux déplacés. Selon des témoins, cette visite inattendue et mouvementée, permettra de découvrir dans ce camp, des armes de guerre, des minutions et des treillis militaires. Découvertes qui vont accroître davantage la colère des populations.

Aussi vont-elles se rendre au petit camp de déplacés situé derrière la mission Catholique, pour y mettre le feu. Ce sont environ 3000 personnes qui se retrouvent à la rue après la destruction de ces sites des déplacés internes de Duékoué. Les plus chanceux ont trouvé refuge dans des familles d’accueil, quand d’autres errent encore, dans l’espoir de rencontrer des personnes de bonne volonté pour les héberger ou leur venir en aide. Au moment où nous mettions sous presse, le calme était revenu et quatre (4) autres corps ont été découverts dans le camp de Nahibly. La Croix-rouge était sur les lieux pour soulager les blessés.

K.K.Théodore à Duekoué in K.K. in L’inter

Sat, 21 Jul 2012 04:50:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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