Le début a été difficile, très difficile parce que le peuple Dida supporte difficilement la perte d’un homme, surtout un homme de la trempe de Boga. Ce sont donc tous les parents du village qui ont été affectés par cette mort cruelle. Cependant, le temps aidant, chacun s’est remis de ses douleurs et aujourd’hui, nous marchons avec la nouvelle équipe.
Avez-vous des nouvelles de sa famille ?
Nous avons des rapports très étroits, parce que Boga Doudou, c’était mon ami, l’ami du village. Il est mort, mais je suis resté lié à sa famille. La preuve, après le décès de mon épouse en 2007, celle que j’ai épousé en second mariage porte comme nom du village, celui de la grande sœur de feu le ministre Boga, comme l’exige la coutume Dida. C’est pour vous dire qu’entre la famille et moi, les liens sont très forts.
Quelle était justement la nature de vos rapports avec le défunt ministre ?
Personnellement, il était un ami à moi. Lorsqu’il a été nommé ministre, nous nous sommes rencontrés. C’est un homme de valeur. Lorsqu’il promet quelque chose, il l’exécute. Ce qui faisait que nous avions beaucoup de respect pour lui. C’était un homme de parole, un homme franc. Pour la petite histoire, lorsque vous lui rapportez un fait, il appelle le concerné et vous met en confrontation dans le but rétablir la vérité. C’est pourquoi les hypocrites avaient peur de l’approcher.
Comment les populations de Neko apprécient-elles les présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ?
Nos rapports avec le président Laurent Gbagbo sont des rapports affectifs. Mais moi en tant que chef de village, auxiliaire de l’administration donc le prolongement du président de la République auprès des populations, il est de mon devoir d’appliquer le programme de gouvernement de chaque président qui arrive. Je souhaiterais d’ailleurs voir un jour le président Ouattara, car c’est un homme très courageux.
Quel commentaire faites-vous de l’emprisonnement de Laurent Gbagbo à La Haye, après la perte de son compagnon de lutte, feu Boga Doudou ?
En tant qu’homme, voir le président avec qui j’ai collaboré dans une telle situation, c’est une peine. Mais, il y a quelqu’un qui l’a remplacé, et il prône la cohésion et la réconciliation malgré tout. Il n’y a que cela qui compte.
Quel est justement votre avis sur ce processus de réconciliation en cours, et qui rencontre quelques difficultés ?
Pour nous, il faut recourir à la procédure traditionnelle. La seule chose qui peut nous contraindre à aller à la réconciliation, c’est l’alliance interethnique. Si par cette voie, on mettait les différentes tribus en mission, on réussirait à ramener la paix. Si le président de la République utilisait ce procédé par respect pour nos coutumes, beaucoup d’avancées allaient être enregistrées.
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Thu, 04 Jul 2013 11:41:00 +0200
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