Zongo : Je me suis dis qu’il était important de revenir en Côte d’Ivoire. A un moment donné, le public Ivoirien m’a beaucoup manqué.
N.V. : Ce retour a-t-il été négocié avec les autorités ivoiriennes car votre départ remonte à 2011, lors de la crise postélectorale qui a vu beaucoup de personnes fuir le pays pour aller en exil?
Z. : Je ne suis pas venu sous l’influence de qui que ce soit. Aucune autorité ne m’a invité à renter au pays. Je suis dans mon propre pays. Je ne me reproche rien. Tout le monde a le droit d’y habiter. Ne pensez pas que c’est suite à une invitation du président Ouattara ou du ministre de la Culture et de la Francophonie que je suis rentré au pays.
N.V. : Quelles ont été alors les raisons de votre départ ?
Z. : A un moment donné, en Côte d’Ivoire, la vie de certains artistes était en danger à cause de leur choix politique. C’était mon cas. J’étais donc obligé de partir comme certains d’entre nous l’ont fait pour se sauver la vie. Dans ces conditions, je ne pouvais plus exercer mon métier ici. D’ailleurs, je pense que chacun est libre de choisir son candidat. On ne doit pas s’en prendre à quiconque pour son choix politique. On doit extirper ce genre de haine de notre mentalité, notre comportement de tous les jours.
N.V. : Que proposez-vous pour une réconciliation vraie des Ivoiriens tant recherchée ?
Z. : Un grand geste pour que la paix et la réconciliation soit effective. La paix entre les Ivoiriens dépend de ce grand geste. Tous les autres frères et sœurs qui sont en exil ont bien envie de renter mais dans quelles conditions? C’est la grande inquiétude des uns et des autres. Il faut arrêter de traquer les gens pour leur choix politique. Le président Ouattara et son gouvernement doivent réunir toutes les conditions pour que tous les fils et filles de ce pays reviennent.
N.V. : Vous ne croyez à la réconciliation nationale, alors ?
Z. : Aujourd’hui on ne peut pas parler de réconciliation nationale s’il n’y a pas de tolérance vraie par le pouvoir. Que les gens arrêtent de mettre les autres en prison. Que chaque ivoirien puisse revenir dans son pays natal.
N.V. : Êtes-vous rentré définitivement ?
Z. : Non. Je suis à cheval sur la Côte d’Ivoire et le Mali où je bosse sur la chaine de télévision « Africables ». Mais je suis là pour un bon moment.
N.V. : Quel est l’avenir du duo de choc que vous formez avec Tao, le bègue chronique ?
Z. : Je note que le duo humoristique Zongo-Tao se porte bien. Mais pour l’heure, nous nous contentons de faire des spectacles à l’international. Interview réalisée par Anicet Zio (Stagiaire)
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