Ouattara encore et toujours en quête de légitimité
Ce qui se déroule sous nos yeux s’appelle un « blanchissement de pouvoir ». Tout comme l’indélicat comptable qui, par une gymnastique d’opérations comptables, efface les traces de fonds acquis illégalement pour les insérer dans le circuit normal, Ouattara ploie encore sous le poids de l’endémique obsession de donner à son pouvoir tiré des décombres de la Côte d’Ivoire un visage normal. Il avait prêté serment sur une feuille de copie d’écolier pour l’expédier au conseil constitutionnel. Cela ne l’a pas guéri de sa crise d’Illégalité. Il s’est réfugié derrière la certification de Choi Young Jin, le mal à survécu. Après avoir été conduit au palais sous une escorte hors-norme dans les chars et bombardiers français et onusiens, il a appelé au secours l’institution de Paul Yao N’dré qu’il avait vulgarisée au profit de la certification de Choi, pour se donner un visage légal. Cette cérémonie d’investiture avec démesure rentre justement dans ce besoin de blanchir son pouvoir. Ses alliés de la guerre en Côte d’Ivoire le savent si bien qu’ils ne peuvent manquer de l’aider à apporter ce coup de pinceau qui puisse obstruer un tant soit peu le sang de Duékoué qui pleure toujours. Voilà pourquoi Sarkozy qui a toujours conditionné sa visite au pouvoir de Laurent GBAGBO par les moindres détails démocratiques pourra survoler Duékoué la martyre de Ouattara avec ses 800 morts qui débordent des fosses communes pour effectuer sa première visite au pays d’Houphouet Boigny. Voila pourquoi Banki Moon pourra supporter la puanteur du sang mal séché de Duékoué pour venir investir Ouattara. Voilà pourquoi Wade, Compaoré et autres Goodluck Jonathan se faufileront entre les corps en putréfaction pour venir à l’investiture de Ouattara. Voilà pourquoi, sont invités une trentaine d’artistes dont les louanges à Ouattara pourront étouffer pour l’occasion les cris de détresse des 30 000 réfugiés de la paroisse du père Cyprien à Duékoué et les hurlements des gens qui tombent encore sous les balles des rebelles à l’ouest.
Mais tout cela, c’est presque peine perdue ! Car l’image qu’on retiendra de l’arrivée au pouvoir de Ouattara, ce n’est point celle des longues files d’attente devant les bureaux de vote le 28 novembre 2010, mais celle des bombes qui pleuvaient sur Abidjan et d’un Laurent GABGBO arrêté par les forces françaises et livré aux rebelles de Ouattara pour qu’il foule le palais d’Abidjan. Les artifices ne pourront point gommer cette image .Ouattara n’est pas président en tant que vainqueur d’élections, mais vainqueur d’une guerre. Voilà ce que l’histoire écrira.
cameroonvoice.com
Fri, 20 May 2011 19:42:00 +0200
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