« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Justice: Des pro-Gbagbo devant le juge d’instruction à partir du 4 avril – Le cas Simone Gbagbo coince le pouvoir

Bientôt, de nouvelles auditions sur le fond dans l’affaire de la crise post-électorale. L’information nous est donnée par une source au fait du dossier qui précise que les auditions reprendront à la date du 4 avril 2013.

Des proches de l’ex-président Laurent Gbagbo, pour la plupart en détention dans des prisons du Nord, seront face à un juge d’instruction. Le magistrat les interrogera sur des faits en rapport avec les évènements allant de décembre 2010 à avril 2011.

Plusieurs parmi les dirigeants pro-Gbagbo, en détention provisoire, ont déjà été auditionnés sur le fond entre juin et novembre 2012. On les retrouve tantôt à Boundiali (Martin Sokouri Bohui, Philippe Henry Dacoury-Tabley, Alcide Djédjé…), tantôt à Katiola (Geneviève Bro Grébé, Sangaré Aboudramane, Narcisse Kuyo Téa) où même, à Bouna, dans le Nord-est (Affi Nguessan, Michel Gbagbo).

Dans le milieu judiciaire, on tente d’assimiler à travers les prochaines auditions une volonté d’accélérer une procédure qui ne s’est pas distinguée par sa célérité : les proches de l’ex-président ont passé plus de dix-huit (18) mois dans les prisons et nonobstant plusieurs remises en liberté provisoire, les procès n’ont pas débuté. Les chefs d’accusations restent globalement connus : atteinte à la défense nationale, attentat et complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées, participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme et xénophobie, crimes de sang. Certains- comme l’ex gouverneur de la Bceao, Phlippe Henry Dacoury-Tabley- sont également poursuivis pour crimes économiques.

L’ex-Première dame Simone Ehivet fait partie de ces personnalités civiles proches du président déchu Laurent Gbagbo, qui demeurent en détention provisoire. Elle est précisément en résidence surveillée à Odienné. L’ancienne présidente du groupe parlementaire Fpi à l’Assemblée nationale est poursuivie pour crimes de sang, atteinte à la sûreté de l’Etat, infractions économiques…et génocide. Son cas revêt une particularité : pendant qu’elle fait l’objet d’une procédure sur le plan intérieur, Simone Gbagbo est réclamée à La Haye. La Cour pénale internationale a rendu public, fin novembre 2012, un mandat d`arrêt, émis en février 2011, contre elle, la soupçonnant de crimes contre l’humanité commis durant la crise post-électorale. Abidjan tarde depuis à répondre à la demande d’extradition de la Cpi. C’est que le cas « Simone Gbagbo » est source d’embarras pour le régime d’Abidjan qui, selon toute vraisemblance, ne souhaite pas extrader l’épouse de l’ex-président.

Nombre d’observateurs conçoivent qu’une réponse favorable des autorités ouvrirait la voie à d’autres mandats d’arrêt à l’encontre de proches d’Alassane Ouattara, soupçonnés, eux aussi, d’être trempés dans les violences post-électorales. L’équation est fort délicate. Le chef de l’Etat avait déclaré, le 4 décembre 2012, en France, où il se trouvait en visite officielle, que la Côte d’Ivoire ferait connaître sa « position dans les semaines et mois qui viennent » sur la question du transfèrement de Simone Gbagbo à la Cpi. Près de quatre mois après la sortie parisienne d’Alassane Ouattara, toujours aucune réponse officielle d’Abidjan.

Kisselminan COULIBALY in Soir Info

Thu, 28 Mar 2013 04:59:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.