« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

La Côte d’Ivoire attend la réconciliation Ouattara prépare la guerre

Le pouvoir semble avoir fait définitivement le choix de la guerre alors que le président de la commission dialogue relancer le dialogue. L’embargo sur les armes qui frappe la Côte d’Ivoire depuis novembre 2004 a-t-il été levé? Si oui, quand le comité de sanctions du conseil de sécurité des nations unies a-t-il pris une telle décision ? Ces questions méritent d’être posées eu égard aux informations qui émanent de la réunion du conseil national de sécurité qui a eu lieu le mardi 28 août au palais de la présidence de la République sous la présidence du chef de l’Etat Alassane Ouattara. En effet, celles-ci font état de ce que le nouvel homme fort du pays aurait commandé des « hélicoptères de guerre, des avions de chasse, des drones et des blindés pour mater une rébellion en gestation ». Les journaux proches de la coalition au pouvoir ont relayé cette information avec une certaine délectation imaginant déjà le feu qui va s’abattre sur les adversaires du régime. L’un de ces journaux barrait ainsi sa première page par ce gros titre : « Ouattara frappe fort ! Des hélicos, des avions de chasse, des drones, des blindés commandés pour mater une rébellion en gestation ». Et pourtant, il est constant que le conseil de sécurité des nations unies qui a décidé de l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire n’a pas encore pris une résolution contraire. Cet embargo demeure donc en l’état. Les différentes tentatives du nouveau régime pour le faire lever ont été vaines. C’est pourquoi le silence du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU face à cette annonce d’achat d’armements lourds est incompréhensible. La communauté internationale qui a permis à M. Ouattara d’accéder au pouvoir at-il décidé de fermer les yeux sur cette course aux armements engagée par le nouveau régime pour qu’il s’en serve contre son opposition politique qu’il n’a eu de cesse d’accuser de velléités de déstabilisation ? Après avoir soutenu une rébellion armée qui a mené une guerre de dix ans contre le pouvoir de Gbagbo, M. Ouattara est sur le point de déclencher la deuxième guerre de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Nul doute que M. Alassane Dramane Ouattara peut bien outrepasser l’embargo pour acheter des armes de guerre. Car, dit-on, il a la communauté internationale à ses pieds. Il est, semble-t-il, le seul chef d’Etat africain qui peut faire ce qu’il veut sans que la communautéinternationale ne bronche.
Ouattara parle de réconciliation et prépare une autre guerre .Par contre, ce que les Ivoiriens ne pourraient pas comprendre, c’est le fait que Ouattara achète des armes de guerre alors qu’il reprochait au président Gbagbo d’équiper les Forces de défense et de sécurité d’alors qui faisaient face à une rébellion déclarée. En 2002, la Côte d’Ivoire a été attaquée par une rébellion lourdement armée et qui avait coupé le pays en deux et occupait la partie nord, et le président Gbagbo avait entrepris d’équiper les ex-FDS. Ouattara et ses soutiens dont la France avaient alors crié au scandale. Accusant le président Gbagbo de gaspiller les ressources de l’Etat dans l’achat d’armes au lieu d’investir dans le développement. C’est d’ailleurs à la demande de Ouattara et de la France chiraquienne que l’ONU a imposé l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire. Tout dernièrement encore, le chef d’Etat major général des Frci déclarait que les armes qu’ils ont trouvées à la présidence de la république après arrestation du président Gbagbo pouvaient faire sauter tout Abidjan. On ne peut pas avoir reproché au président Gbagbo d’avoir acheté des armes et faire exactement la même chose pendant que le peuple à qui Ouattara a tout promis manque du strict minimum. Pourquoi, alors qu’il a récupéré tout l’armement acheté par le président Gbagbo, Ouattara se met-il à acheter d’autres armes ? Que veut-il faire avec cet arsenal de guerre ? Ce d’autant plus que la guerre est finie depuis longtemps et qu’il est désormais question de réconciliation nationale. Les Ivoiriens sont inquiets face à cette commande d’armement lourd passé par le chef de l’Etat. Car tout indique que pendant qu’il parle de réconciliation du bout des lèvres, M. Ouattara prépare une autre guerre. Mais contre qui ? Enfin, M. Ouattara peut-il s’engager dans une course à l’armement sans prendre le risque d’entrer en contradiction avec ses propres principes selon lesquels un pays comme la Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’armement mais de développement ? La question reste posée.

Boga sivori in Notre Voie
bogasivo@yahoo.fr

Thu, 30 Aug 2012 23:21:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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