« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

La Côte d’Ivoire brise la peur de la dictature : Ouattara panique et appelle la France au secours

Ce n’est plus la sérénité dans les rangs du pouvoir depuis que la Côte d’Ivoire a décidé de briser la peur de la dictature. Cela fait six mois que la France est au pouvoir en Côte d’Ivoire par Ouattara interposé, après avoir déployé avions de combat et chars contre le peuple ivoirien. La situation sécuritaire s’est par la même occasion, dégradée avec les massacres et pires exactions sur les partisans du Président Gbagbo. Ouattara qui redoute une situation normalisée maintient volontairement la Côte d’Ivoire dans ce climat de terreur généralisée. Et cela, avec le soutien des Forces françaises et onusiennes. Car à l’Elysée tout comme au siège de l’Onu à New-York, la vérité qu’on tente de cacher est que Ouattara qui n’est visiblement pas le choix des Ivoiriens ne saurait tenir le coup dans un climat politique normalisé. C’est même pourquoi les forces françaises et onusiennes paradent dans les rues d’Abidjan prétendument à la recherche des Frci. Alors qu’en réalité, ce sont eux qui actionnent en sous mains ces éléments qu’ils appellent supplétifs de la rébellion aujourd’hui au pouvoir. La réalité est que si ces Forces veulent vraiment faire partir les Frci, ils savent où les trouver. A l’intérieur, ils sont quasiment voisins de ces éléments incontrôlés sans dire le moindre mot. Au corridor de la ville de Duékoué, tout se passe devant la base de l’Onuci. Il en est de même pour la ville d’Issia et bien d’autres. C’est donc clair, Ouattara et ses soutiens français et onusiens travaillent à maintenir la Côte d’Ivoire dans cet état où la notion de République est foulée aux pieds. C’est bien le moment rêvé pour piller la Côte d’Ivoire. L’Onuci et la Licorne peuvent piller et violer, personne ne leur demandera des comptes. Ce sont eux qui font le pouvoir Ouattara. Le Rhdp et ses autres démembrements peuvent pour leur part se permettre tout. Ils ne seront jamais inquiétés. Parce qu’il est su de tout le monde qu’ils ont fait le pari de la soumission à la France. Le plus important pour eux, c’est bien le pouvoir par tous les moyens. Ce que l’autocrate Houphouët, le pion de la France n’a pas pu faire. «Ouattara n’est pas prêt pour normaliser la situation politique. Parce qu’il sait que ça ne l’arrange pas» constate à ce propos, Koua Justin qui assure l’intérim de Navigué, à la tête de la Jfpi. Remarque juste dans la mesure où la Côte d’Ivoire vit désormais au rythme des exactions des Frci, mais aussi des mandats d’arrêt d’un Procureur de la République plus militant qu’homme de droit. Au point où ses mandats sont devenus banals. Il ne s’empêche pas de qualifier les Frci de «libérateurs». En fait, en Côte d’Ivoire, c’est le monde à l’envers. Tous ceux qui osent contester l’autorité de Ouattara risquent un mandat d’arrêt s’il n’ont pas les Frci à leurs trousses. Finie l’époque de Gbagbo où l’opposant était pratiquement roi. Adieu aussi aux acquis démocratiques. Une évidence que même la France a du mal à effacer avec sa machine à noircir. Mais il se trouve que le peuple ivoirien ne peut continuellement subir ce pouvoir qui ramène la Côte d’Ivoire loin en arrière. Après un long moment d’observation à cause du traumatisme causé par la crise, les esprits et les consciences se lâchent. Le Fpi a donné le ton dans la commune de Koumassi avec un meeting qui a réuni des milliers d’Ivoiriens à l’initiative du député Jules Yao Yao. Une rencontre qui fait mentir Choi et ses satellites onusiens et fançafricains qui parient sur la mort du Fpi. Bien d’autres manifestations sont d’ailleurs prévues les jours à venir, dans d’autres communes. Et déjà, le pouvoir donne des signes de fébrilité et de panique. «Le Fpi provoque Ouattara», s’est pour sa part permis la presse qui lui est proche. Sans expliquer en quoi le fait de dire que Gbagbo va revenir au pouvoir est une provocation. Amadou Soumahoro, le secrétaire par intérim du Rdr pris de panique a quant à lui donné libre cours à ses émotions comme son parti sait bien le faire. «Toute manifestation arrogante sera matée» s’est- il permis de dire, sans toutefois prendre le soin de donner un sens juridique à ce qu’il appelle une manifestation arrogante. Parce qu’une manifestation est autorisée ou pas dans un pays qui se veut de droit. En fait, le Rdr voit son ombre de parti putschiste partout. Pris de panique, Ouattara qui aime bien imiter Gbagbo ne s’empêche pas de dire à chacune de ses sorties «Je dors bien». Cela en comptant sur la France et l’Onu. Il leur offre de ce fait le territoire ivoirien. C’est bien à sa demande que ces Forces survolent chaque jour, le ciel ivoirien à la recherche de l’ennemi qu’il voit désormais partout. En pensant que Gbagbo fera comme lui, c’est-à-dire se mettre dans une logique de déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sont à nouveau terrifiés par les ballets aériens des avions de guerre de l’Onuci et de la Licorne, la vraie armée de Ouattara, les Frci n’étant là que pour la forme. Car son vrai Cema se trouve au 43e Bima. La fébrilité du pouvoir s’est encore accrue avec la jeunesse du Fpi qui a décidé de faire un meeting le 15 octobre prochain, à la place Cp1 de Yopougon, fief de Gbagbo. Déjà, dans les rangs du pouvoir, c’est le branle-bas. Tout est fait en comptant sur les forces françaises encore appelées au secours. Ou du moins mises en branle après la sortie de Koua Justin, le samedi dernier au siège du Cnrd. Alors que ces jeunes ne projettent qu’une manifestation démocratique pour dire non à la dictature. En Afrique, la France se permet ce qu’elle ne ferait pas chez elle. On appelle ça regarder le continent africain avec du racisme.

Guéhi Brence in Le Temps

Thu, 22 Sep 2011 02:42:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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