« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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La Côte d’Ivoire et l’Afrique Crucifiées sur l’Explanade de l’Hôtel du Golf

Tous les 11 Avril de chaque année rappelleront aux africains et aux ivoiriens en particulier, les mépris dont ils sont l’objet de la part de la communauté dite internationale ; le mal dont souffre l’Afrique depuis avant et après la supposée indépendance des années 60.
Allassane Ouattara, le RDR et ses alliés de la CEDAO se sont constitués des instruments de renforcement des mécanismes de contrôle qui font des africains des sujets éternels. Et croyez moi, ils sont conscients des obligations à eux assignées – créer les facilités d’exploitation pour le compte des réseaux capitalistes véreux et de plus en plus voraces. La prise violente du pouvoir en Côte d’ivoire et le chapelet des événements qui ont précédé et consolident son couronnement, ne sont pas totalement surprenants. Ce qui l’est, c’est la manière arrogante et sans aménagement avec laquelle leur volonté est désormais mise en exécution en Afrique. Cette application semble désormais être la norme dans plusieurs pays d’Afrique dont le Mali, le cas le plus récent. Cette nouvelle doctrine qui acense la division et la catégorisation ethnique systématique, se dit être à la recherche de la démocratie pour le bien des africains. Elle triomphe à travers des actes délictueux, l’injustice et l’humiliation. Elle tolère la rébellion, tue le consensus social et créée un nouveau leadership qui vend son âme et sa conscience pour rester dans la bonne grâce des maitres autoproclamés.
Alassane Ouattara est ainsi fait Chef d’Etat de Cote d’Ivoire ! Le technocrate béni d’une intelligence sans pair – la solution longtemps attendue pour sortir le continent de ses ténèbres et cauchemars ?

La Côte d’Ivoire et les ivoiriens furent tous gratifiés de son leadership imposé et facilité par la force des canons français. Même dans les pires de mes pensées, je n’ai jamais réussi à m’imaginer un être si suffisant et imprégné d’un sens hégémonique dont lui seul est convaincu de sa divinité.

Qui aurait pensé ce qui arrive à la Côte d’Ivoire et à Gbagbo plus particulièrement ? Qui aurait cru que cela puisse arriver à un homme à qui nous assimilons le combat inlassable pour la démocratie en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire ? Il n’est pas un caractère à berner, nous le savons – nous lui reconnaissons aussi un humanisme légendaire et une intégrité morale sans pair.
Quel homme avec un minimum de sens ne serait pas en colère avec ceux qui ont emmené « la justice » au bout des cannons qui crachent du feu. Des fusils sophistiqués aux mains des gens ensevelis contre les ethnies qui ne sont pas les leurs. Des contractuels expatriés, recrutés dans toute la CEDEAO pour rétablir un équilibre ethnique qui ne souffrait pourtant d’aucun écart remarquable.
Diligenter une doctrine de « rattrapage ethnique » dans l’espoir de donner un avantage social aux gens de sa région, est contraire aux objectifs de gouvernement. Une telle tendance doit être combattue par tous les moyens justes pour restaurer l’espoir dans les peuples d’Afrique. Les adeptes d’une telle idéologie, coalisés dans une alliance politique RHDP répondront tôt ou tard des traitements inhumains qu’ils continuent de faire subir à leurs compatriotes.

Les vainqueurs du 11 Avril 2011 ont échoué à l’avance, leurs sinistres desseins inavoués ? Le dépeuplement et repeuplement subséquent de la Côte d’Ivoire par une colonie étrangère expressément convoyée dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire est un programme ignoble, machiavélique et dégoutant. Si La colonisation n’a pas résisté au temps, car ses objectifs étaient inhumains, celui-ci tombera tout aussi également sur le refus intransigeant des résistants ivoiriens et africains. Tout ivoirien où qu’il soit ne devra accommoder un tel traitement pour peur de perdre sa vie. Nous devons faire échouer cette doctrine de rattrapage sur les cendres encore chaudes des méfaits de la colonisation.

Ne célébrez pas parce que Gbagbo, votre pire ennemi est capturé par les forces militaires les plus redoutables que compte cette planète.
N’ayez aucune gloire quand celui qui vous a rapproché de lui, en vous ramenant respectivement de l’exile, est jeté à vos pieds comme une fauve ignoble et un dictateur des péchés impensables.

Vous avez parlé de victoire le 11 Avril dernier ?

Faites très attention
Ne célébrez point quand il pleut du sang sur la Cote d’Ivoire
Le sang des espoirs écourtés
Ne vous faites pas conter cette histoire par moi. Regardez les regards sans expressions qui sont braqués sur vous.
Donnez un petit regard dans votre coté et remarquez les regards sans supplice des ivoiriens indignés et humiliés.
Oui sans supplice
C’est vous qui avez besoin de la réconciliation, pas moi, pas la résistance.
Aucun salaire, aucune vie tranquille recherchée sur les bâtisses d’une telle désolation ne consolera aucune conscience humaine.
Les yeux angoissés, le visage pale de dégouts
Une tristesse profonde a élu quotidien dans chaque domicile en Côte d’Ivoire.

De quelle justice parlez-vous donc ?

Je me réjouirais de vous haïr. J’ai envie de jurer ne plus vous parler. Mais Je suis content de ne faire mienne cet état d’esprit. Je suis ivoirien et non un facilitateur du néo-colonialisme.
La charte du Nord est partie d’une plaisanterie de mauvais goût, à un véritable projet de catégorisation et de tribalisme suivant les perspectives d’une nouvelle doctrine de « rattrapage ». Prenez bonne note du génocide latent que vous pratiquez sur tous les périmètres de l’Eburnie.

J’ai toujours pensé que vous étiez tellement fort, au point où, nous tuer tous en une seule séance de meurtre massif ne pouvait point vous donner des soucis. Votre cœur endurci a démontré en être à la hauteur. Le regard gêné de vos amis de ladite « communauté internationale » n’arrive même pas à atténuer votre désir à semer désespoirs et désolations.
Vous avez traqué et jetez dans des Goulags nauséabonds Le Ministre Blé Goudé, Le Commandant Noel Abéhi, Le Syndicaliste-Fédéraliste Jean-Yves Dipobieu et tous les illustres élus du FPI y compris son Président ; Le Premier Ministre Affi N’Guessan et Le Secrétaire General Laurent Akoun.

J’ai lu le jour de l’anniversaire de notre in-humanisation collective ; le 11 Avril dernier, des récits et des rappels éloquents et très angoissants. Des narratives aux tons rassurants, mais à la fois très illuminant. Elles ont provoqué en moi, pas une colère, comme l’on se le serait toléré. En réplique à une telle bassesse nѐgre, j’ai plutôt éprouvé pitié pour des gens qui narguent leur ego et qui se croient forts parce qu’ils ont émeuté le monde entier et tués des milliers des leurs.
Des frères qui se croient redoutables parce qu’ils ont engagé la grande France « des libertés et de la justice » à vitesses variables, à employer sa force militaire de la façon la plus barbare, pour ne donner aucune chance de résistance à Gbagbo et à ceux qui ont cru en lui.

Ils se croient crains parce qu’ils ont fait subir les pires des humiliations à et indignités.
Tous les 11 Avril vous seront rappelé comme l’apothéose de vos ambitions démesurées et la tombe de votre « grandeur » inconsciente. Vous avez mis toutes les normes universelles célébrées dans tous les coins du globe à l’envers :
Des Dozos font office de police
Des rebelles tiennent fonction de Préfet d’Etat
Des apprentis « Gbaka » sont faits officiers d’armée républicaine
Des personnages lugubres tiennent fonction de ministre et produisent des contre-performances littéraires à chaque opportunité télévisée
Et enfin un chef rebelle, c’est-à-dire un individu qui incarne la défiance des règles de bienséance et des droits démocratiques est fait chef d’une Assemblée Nationale.

Vous célébrez le renversement des normes cardinales, et construisez sur les méandres de l’infamie et du vil fait politique.
Les rivalités ethniques dans lesquelles vos chapelles ethniques coalisées puisent leur satisfaction ridicule – Vos enfants et parents se sentent-ils comblés de la hauteur du mal que vous infligez aux enfants et parents des autres ?
Nous sommes vos rivaux à vos yeux, mais vous, vous n’êtes pas notre futur, ni celui de l’Afrique. Voila pourquoi vous êtes indexé depuis le Cameroon, le Gabon, le Congo, le Sénégal, le Mali, le Togo, le Benin en passant par le Ghana, l’Angola, le Rwanda, et l’Afrique du Sud…
Et comme nous n’avons pas d’autre pays que la Côte d’Ivoire, nos misères psychologiques et sociales seront les mesures de votre échec. Vos velléités de grandeur et vos inimitiés à l’encontre des autres, que vous avez catégorisé des pro-Gbagbo sont répugnants et pauvres.

Ah donc, vous voulez vous rattraper sur la misère des autres ?

Je peux vous garantir que vous avez perdu la victoire que vous célébrez. Et quand je vous le dit, je ne le fais pas avec un ton hautain, mais avec un regret profond. Vous avez ouvert une plaie qui tardait à cicatriser. Vous vous réjouissez devant la débâcle des plus belles têtes qui ont soutenu Gbagbo. Si vous avez quelque chose contre eux, alors jugez-les proprement.
Vous contraignez des ivoiriens à l’exile car vous ne pouvez pas les ‘regarder en face’. Il n’y a personne avec qui on peut sérieusement échanger sur les problèmes qui minent la nation ivoirienne. Quand on veut dire un seul mot, vous savez déjà ce que nous allons vous réclamer. Restituer Gbagbo dans ses droits d’homme libre. Ne le brandissez pas comme votre trophée de guerre.
Contre notre parole, vous brandissez des fusils d’assaut à grande capacité de destruction.
Les yeux bouillonnant de rage contre une population qui s’était laissé conter que le Nord de la Côte d’Ivoire subissait la pire des injustices des générations.

Vas-tu me dire que tu es fort ?

Depuis quand un État est fort et un Gouvernant puissant parce qu’il à la force et le pouvoir de tuer impunément les autres membres de la nation ?
Entre vous et moi, un homme fort aurait-il déporté Gbagbo ? Donc lui Gbagbo est faible parce qu’il vous a rendu visite chez vous et vous a réconforté quand vous perdiez vos proches parents.
Il fut un temps, ce même Gbagbo était à la commande de ce même État de Coté d’Ivoire, et tout le monde pouvait parler et le contrarier sans être inquiété pour sa vie.
Vous célébrez quand sa maman est contrainte à l’exile et son fils sans parole et liberté ?

Forts ! Vous aurais-je entendu réciter ?

Non vous n’êtes pas fort. Vous êtes des esprits chancelant, des zombis guettés par le revers de la situation.
Gbagbo a stimulé votre laideur et elle s’est répandue dans une colère inouïe.
Nous assistons au début de la fin de la FranÇafrique. Gbagbo a fini sa mission, le reste ne sera qu’un bonus. Il a exposé les procédés ignobles d’une force démoniaque qui s’attribue la grandeur parce qu’elle est capable de créer la désolation.
Qui crie victoire quand des milliers d’ivoiriens sombrent sur les détonations d’un tireur habile de missiles français – des missiles à grande capacité de destruction.

Ma peur, ce n’est point le fusil qui hôte la vie que vous avez sur la tempe des ivoiriens, c’est le précédent que vous avez désormais crée en Côte d’Ivoire.

Est-vous sûr du faux lendemain qui pointe dans le ciel ténébreux d’une Côte d’Ivoire en proie à un conflit sauvage ? Un conflit qui se formate aux prix de vos échecs journaliers, volontairement commandités pour servir des objectifs d’anéantissement d’un peuple de qui on attend normalement une riposte sans retenue, une révolution qui réécrira l’histoire des peuples africains.
La réconciliation ? Il est clair que c’est vous le RHDP coalisé qui en a besoin.
Parce que l’inflation de la vengeance connait une ascendance certaine et sa chute dans la subconscience des ivoiriens opprimés (résistants, militants, tout comme professionnels infantilisés sous le régime Ouattara) est une réalité factuelle qui déterminera le sort des coalisés au pouvoir.
Voila pourquoi je vous serez gré de savoir à l’avance que je viendrai toujours vous exposez ce qui me fais mal. Prenez ça si vous voulez comme des conditions intenables, mais ne m’en voulez pas si mes propositions pour une vraie réconciliation en Cote d’Ivoire expriment les pires des misères que vous faites régnez en Côte d’Ivoire.

La résistance est pour moi cet instrument de pression.

C’est votre responsabilité de réconcilier les ivoiriens. Que vous la conduisez avec franchise ou tricherie, c’est à vous de répondre des dossiers brûlants et de l’injustice que vous enraciner en Côte d’Ivoire chaque jour.
Le récit du mal ivoirien est comme le conducteur d’un véhicule de sport, avec une capacité de vitesse déroutante. Sur une voie à haute fréquence, le conducteur conscient de la puissance de son engin, roule, roule et roule sans considération des panneaux qui imposent la vitesse minimale à divers endroits. Sans respect de la régulation qui normalise l’usage des voies à grande circulation. La vitesse qu’il s’est lui-même imposé, demanda une acuité de reflexe et engendra une pression psychologique qui ne lui laissa aucun de temps de pondération devant une déroute dont l’inévitabilité devint de plus en plus croissante. Comme attendu, le conducteur interpréta mal les intentions d’un autre usager automobiliste et termina sa course au fond d’un ravin. Son corps sans vie et la destruction de l’engin rapide était presque prévisible.

La résistance sera permanente et maintenue pour rappeler les normes sociales auxquelles aspirent tout être pensant. Car nous faisons notre, La sagesse que la protection et la sécurité ressenties par l’homme et générées par les armes à grande capacité de destruction ont leurs limites. Celles octroyées par les consciences apaisées, tolérantes et participatives ont été de tout temps au sommet des contingences en matière de politique de sécurité publique.
A toute opportunité a vous offerte, depuis Seydou Diarra, au réconciliateur Banny, y compris son excellence le Chef de guerre Soro Guillaume, en passant par Yousouf Bakayoko, la bonne foi ne vous a jamais habité. Vous avez triché avec votre propre destin.
Je vous salue tous sans exception.

Une Contribution de :
Joël-Marcel Koudou-Gbedjia
TOUS À LA HAYE LE 19 FEVRIER 2013 –
LA LUTTE NE FAIT QUE COMMENCER

Wed, 13 Feb 2013 13:56:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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