« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

La mesure de la vitesse du vent qui tourne

Fatou Bensouda la procureure de la CPI en instance de remplacer en juillet prochain Moreno OCampo est de nouveau dans nos murs. Elle était déjà venue au lendemain de la crise postélectorale, envoyée par ce dernier pour débuter les enquêtes qui ont abouti à la déportation du Président Laurent Gbagbo à la CPI. A l’époque, il y aura bientôt un an, elle brandissait le chiffon rouge des 7 ‟glorieuses″ d’Abobo. Et d’aucuns, à raison, avaient même parlé de sa compassion sélective parce qu’à coté de ces 7 femmes d’Abobo, elle a feint d’ignorer le massacre de Duekoué. Ce sont plus de 1000 personnes qui ont perdu officiellement la vie dans cette localité dès que les FRCI que Dramane Ouattara venait de créer, y ont mis les pieds filant le chemin de leur croisade sur Abidjan. Depuis ce temps Laurent Gbagbo est à la Haye, accusé de tous les crimes de la crise qui a pratiquement duré dix ans. Et comme si l’histoire pouvait difficilement se passer du cynisme de ses acteurs, celui qu’on a pris pour le grain de sable dans la botte de cette crise est écroué pour co-action indirecte. La raison a-t-elle enfin visité les uns et les autres ? Les eaux qui coulent sous les ponts depuis ont-elles changé les donnes ? Tout compte fait, il nous plaît de voir dans le retour de Fatou Bensouda le signe que ce n’est pas fini. Il n’a pas suffi de déporter le co-auteur indirect. Les auteurs des crimes massifs contre l’humanité courent toujours, essayant de s’aménager, comme ils peuvent, des espaces d’immunité contre le spectre de la justice internationale. La procureure de la CPI est dans nos murs depuis le lundi 02 mars. Sur son agenda une rencontre avec Dramane Ouattara ce même lundi. Mais ce dernier, si prompt d’habitude à recevoir les envoyés de la communauté internationale, a reporté le rendez vous de 24 heures, le temps de prendre les attaches de ses conseils juridiques. Une grande première pour quelqu’un qui a un rapport difficile avec le droit. En attendant d’être reçue par le créateur des FRCI, Bensouda a rendu visite à notre jeune président de l’assemblée nationale avant de rencontrer Ahoussou Jeannot. Curieux ! Même si rien ne filtre de toutes ces rencontres, le manque d’enthousiasme et les ratés du ballet protocolaire nous donnent suffisamment la mesure de la vitesse du vent qui tourne.



Joseph Marat

Wed, 04 Apr 2012 10:25:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

2 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.