« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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La normalisation et la décrispation en panne sèche

Outre l’objectif principal des organisateurs, ce meeting de la JFPI et plus largement du FPI et ses soutiens avait valeur de test. Primo, la capacité de mobilisation du FPI sans son mentor Laurent Gbagbo deux ans après son éviction de la scène politique. Secundo, prendre le pouvoir au mot. Celui-ci s’était fermement engagé dans un document de synthèse signé le 4 février dernier, par les deux parties (gouvernement et FPI) à faire respecter la liberté de réunion. Avec ce qui vient de se passer à Yopougon, on en déduira qu’en dépit des bonnes intentions, la réalité reste tout autre. Des prisonniers proches de l’ex-Président ont été libérés mais la liberté de manifestation est à géométrie variable pour l’instant. Depuis bientôt deux ans, le FPI peine à organiser un meeting à Abidjan. Cependant, Zadi Djédjé et ses camarades de la Coalition des jeunes patriotes pour la paix et la réconciliation (CJPPR) peuvent organiser des rassemblements, parler de Laurent Gbagbo, réclamer la libération des prisonniers et plus particulièrement de Charles Blé Goudé.

La JFPI, elle, devra encore attendre. Une opposition choisie serait-on tenter de dire. Or selon des observateurs, étant donné que les organisateurs avaient pris l’engagement de respecter l’autorité de l’Etat en évitant une foire aux insultes, le gouvernement aurait mieux fait en prenant les dispositions pour encadrer la manifestation. Mieux, il prenait ses responsabilités pour convaincre les autres manifestants de trouver un autre espace que cela aurait favorisé une certaine détente. un commentateur a même laissé filer ceci : ‘’autant un meeting ne peut pas faire sortir Gbagbo de La haye, autant un meeting ne peut pas faire tomber Ouattara là où les armes même les plus sophistiquées des combattants pro-Gbagbo n’ont rien pu’’. Le gouvernement qui a les grandes oreilles et les grands yeux rivés sur tout, a certes ses raisons mais ils sont nombreux à estimer que ce qui vient de se passer est un autre rendez-vous manqué de la normalisation et de la décrispation en Côte d’Ivoire.

SD in L’Intelligent d’Abidjan

Mon, 18 Feb 2013 03:17:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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