Pourquoi "rassurer" ? Parce que la grande campagne mensongère de diabolisation contre Laurent Gbagbo complique aujourd’hui la tâche des commanditaires qui ne savent pas comment retourner les contre-vérités qu’ils ont assénées. Car pour leur survie, il faudrait encore et toujours donner le sentiment d’apparaître crédibles aux yeux de ceux qui croient encore aux propos de ces puissances, notamment la "grande" partie de leurs opinions publiques qui ne s’informent que par des canaux officiels. Laurent Gbagbo ayant été injustement présenté comme un chien enragé, aux fins d’être abattu, l’équation est naturellement difficile pour ceux-là qui veulent toujours avoir raison malgré les pires crimes qu’ils ont commis ou provoqués durant des millénaires. Nous devons travailler " à remettre la balle au centre ". Il nous faut réinitialiser les choses avec nos interlocuteurs ou partenaires. Le plus simplement, il y a lieu de faire comprendre que Laurent Gbagbo n’est pas rancunier. Toute sa trajectoire politique milite dans ce sens. Il sait que ce n’est pas Ouattara "le maître d’ouvrage". Il n’aura donc jamais ni à se venger de Ouattara ni à confondre les parrains qui sont les vrais commanditaires.
Aujourd’hui, acteurs comme observateurs ont eu l’occasion d’apprécier "qui est qui" en Côte d’Ivoire. Il nous faut donc absolument rebattre les cartes. Ceux qui veulent vraiment aider la Côte d’Ivoire doivent intégrer que la popularité de Gbagbo est complètement inscrite dans le mental des Ivoiriens. L’autre réalité est que Laurent Gbagbo a toujours les mots qu’il faut pour apaiser les Ivoiriens. Cet homme qui est en harmonie avec les Ivoiriens – et les Africains – est nécessairement une pièce maîtresse dans le processus de réconciliation nationale. Il convient d’indiquer que la réconciliation nationale n’est pas une vue de l’esprit. C’est un vécu. Il doit donc être factuel.
Une discussion franche entre les Ivoiriens passe par la libération de Laurent Gbagbo. En plus, un pays en crise comme la Côte d’Ivoire doit nécessairement passer par l’hébergement d’un gouvernement de transition.
Il faut donc libérer Laurent Gbagbo de cette détention arbitraire, pour que la Côte d’Ivoire décolle. La fuite en avant qui consiste à entretenir le fard de l’existence d’une croissance en Côte d’Ivoire, est une insulte pour les populations qui sont au bord de l’éclatement à cause des effets réels de leur paupérisation.
Claude Koudou
Enseignant-Ecrivain
Directeur de Collection « Afrique Liberté » aux Editions L’Harmattan
Président de « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique »
Fri, 19 Jul 2013 20:16:00 +0200
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