‘’La violence électorale n’est pas une fatalité. Des pays qui étaient le terreau des coups d’Etat et de guerres civiles, comme le Nigeria, organisent des élections exemplaires aujourd’hui. Au Ghana, ils ont connu des coups d’Etat par le passé, mais ils ont réussi des élections propres » a admis Ouraga Obou, par ailleurs, président dudit comité.
Il a souligné que le Mali qui ‘’a commencé les coups d’Etat » a organisé des élections sans problèmes. ‘’Nous pouvons nous aussi réussir des élections sans violence » a plaidé Pr Ouraga Obou qui préconise le retour à leur site d’origine ‘’des Dozos pour des élections apaisées ». Selon lui, cela doit être une ‘’exigence de la communauté nationale ».
Les Dozos ou chasseurs traditionnels du nord ivoirien (favorables au président Ouattara) ont été, également, mis en cause par des ONG de défense de droits de l’homme, dans les violences meurtrières lors de la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011.
Pour l’homme de droit, les élections sont une ‘’ambivalence » qui peuvent créer la ‘’paix » ou la ‘’violence ».
‘’Il n’y a de paix que là où règne des comportements ordonnés et coordonnés. Mais toutes les paix ne conduisent pas à la fin de la crise. La paix flouée et faite de ruse ne permet qu’au conflit de gagner du temps pour s’organiser et se réarmer. Par contre, avec la paix blanche, il n’y a pas de crainte pour le futur », a-t-il prévenu.
Ouraga Obou a affirmé que plusieurs conditions sont à prendre en compte pour réduire les violences électorales, notamment, la mise en place d’un cadre de concertation et de veille, visant à prévenir et à endiguer les risques liées à l’élection.
Il a également relevé que les problèmes politiques mal résolus peuvent entrainer des violences électorales, invitant les acteurs politiques à rechercher un « accord minimum consensuel ».
« Lorsqu’on se rappelle des suites perverses des élections de 2010, on ne peut être que très attentif des élections prochaines », a affirmé le président de l’Académie des sciences et civilisations d’Afrique et de la diaspora (Ascad) Barthélémy Kotchi.
Le président de la Commission électorale indépendante (Cei) Youssouf Bakayoko, a déclaré que son institution fera ce ‘’qu’elle doit faire pour des élections crédibles en Côte d’Ivoire ».
En mai 2014, un séminaire organisé par l’Ascad portant sur le thème : « Election et violence en Côte d’Ivoire », avait fait dix recommandations à l’attention des gouvernants et de toutes les parties prenantes au processus électoral dans ce pays.
Ce séminaire avait recommandé l’accès équitable des candidats, partis et groupements politiques, aux moyens publics de communication et le renforcement du rôle des médias dans la sensibilisation à la paix et à l’éducation civique électorale, notamment pendant la campagne électorale.
Il avait également recommandé l’établissement et la gestion d’un fichier électoral et d’une liste électorale consensuels, sécurisés, fiables et crédibles, et d’un découpage électoral équitable et transparent, en fonction des critères légaux et objectifs, afin que l’inégalité démographique comme critère d’attribution des sièges n’altère la justice électorale.
APA
Fri, 24 Apr 2015 11:05:00 +0200
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