Le Fonds Monétaire International recommande aux pays d’actualiser l’année de base servant à évaluer leurs économies au moins tous les cinq ans pour tenir compte des nouvelles industries et de l’inflation. Cependant, dans la majorité de l’Afrique il faut des décennies pour le faire. Si certains pays développés mettent à jour l’année de base tous les trois ans, la dernière fois que le Nigeria l’a fait, remonte à 1990, soit près d’un quart de siècle. Cela signifie essentiellement que nous n’avons pas la moindre idée de la richesse de certains de ces pays, parce que les données économiques ne sont pas fiables, pas à jour, et trompeuses. Mais une chose est claire: ils sont plus riches que nous ne le pensons. En 2010, le Ghana a actualisé son PIB et son économie s’est enrichie de 60 %, en l’espace d’une nuit, changeant son statut de pays à faible revenu à pays à revenu intermédiaire.
De nombreux économistes et experts sont prompts à souligner que de telles corrections statistiques ne font rien pour influer sur les moyens de subsistance de la personne moyenne. Ont-ils raison ? Oui et non. Oui, car les portefeuilles des gens ne changeront pas du jour au lendemain comme le font les statistiques. Mais, mesurer avec précision l’activité économique est la clé pour mettre en place les bonnes politiques et attirer des investissements. Avec une valeur de 510 milliards du PIB, comme nous le savons maintenant, l’économie du Nigeria aurait pu attirer encore plus d’investissements qu’auparavant. Cela signifie un plus grand marché, une plus grande confiance des investisseurs dans le pays, et plus de poids politique.
Avec 1990 comme année de base, le Nigeria compte peu de ses secteurs modernes. L’industrie croissante du film – également connue sous le nom de Nollywood – qui est le deuxième plus grand employeur du pays après l’agriculture, a été complètement exclue du calcul du PIB. D’autres secteurs importants, tels que les télécommunications et Internet, naissants ou inexistants en 1990 ont été totalement occultés par le système de calcul. Par exemple, la prometteuse industrie du mobile, avec 120 millions d’abonnés au Nigeria, n’a pas été prise en compte dans l’ancienne évaluation. Le pays ne comptait à l‘époque que quelques milliers de clients de téléphonie fixe, pour la plupart, gérés par la société d’État.
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Sun, 24 Aug 2014 11:40:00 +0200
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