La guerre au FPI fait rage et tous les actes de l’adversaire sont passés au crible et démontés. Depuis ce jeudi 30 avril, les «Gbagbo ou Rien», qui se considèrent comme le FPI légitime, sont passés à la phase supérieure. A l’issue de leur 3è Congrès extraordinaire, ils ont mis à leur tête Laurent Gbagbo et exigent, comme préalable à leur participation à la vie politique, la libération de leur leader.
Aussitôt, les «Gbagbo et Nous», la tendance légale du FPI, sont sortis de leur réserve. S’appuyant sur des images de jeunes militants qu’ils assimilent à des «miliciens», ils condamnent ce choix qui serait attentatoire, selon eux, aux intérêts du plus célèbre prisonnier de La Haye. Pour défendre leur position, ils infèrent l’argument défendu par la juge unique Silvia Fernandez de Gurmendi de la Cour pénale internationale (CPI) pour refuser la liberté provisoire à Laurent Gbagbo: le délit de popularité.
«Il semble exister en Côte d’Ivoire un réseau vaste et bien organisé de sympathisants politiques de M. Laurent Gbagbo (…) De plus, il a des contacts politiques à l’étranger. (…) Il n’y a aucune indication selon laquelle le réseau de soutiens a cessé ses activités (…) Bien au contraire, le procureur fournit de nouvelles informations sur les membres du réseau, son objectif comme étant la libération de M. Gbagbo.»
Cette défense est une argutie. Car elle incrimine, en même temps, Pascal Affi N’Guessan. Ce dernier mène campagne, tambour battant, pour ce même crime de lèse-majesté: la libération de Laurent Gbagbo. En investissant, le 11 avril 2015, sa vice-présidence chargée de coordonner cette action, il a fait l’apologie de Laurent Gbagbo: «Nous voulons dire au président Laurent Gbagbo que ses camarades ne l’oublieront jamais, qu’ils se battent et se battront tant qu’il est en détention, pour obtenir sa libération».
Affi a même effectué un voyage à l’étranger pour rencontrer deux chefs d’Etat, amis africains de l’Internationale socialiste, pour défendre la cause Gbagbo: Ibrahim Boubacar Kéita du Mali et Mahamadou Yssouffou du Niger, en attendant les tours d’Alpha Condé du Guinée-Conakry et Eduardo Dos Santos d’Angola.
Or qu’a dit Fernandez de Gurmendi? «Il semble exister en Côte d’Ivoire un réseau vaste et bien organisé de sympathisants politiques de M. Laurent Gbagbo (…) De plus, il a des contacts politiques à l’étranger. (…) Il n’y a aucune indication selon laquelle le réseau de soutiens a cessé ses activités (…) Bien au contraire, le procureur fournit de nouvelles informations sur les membres du réseau, son objectif comme étant la libération de M. Gbagbo.»
De part et d’autre, tout le monde franchit donc la ligne rouge, au moment où, si l’on en croit les critiques des uns et des autres, personne ne doit bouger, ni entreprendre quoique ce soit pour la cause Gbagbo au risque de la desservir.
Bally Ferro