Le journal Le Temps a trouvé que les juges de la CPI avaient été « ébahis (par) la grande leçon de démocratie » que leur a donnée hier Laurent Gbagbo.
Notre Voie, souligne que Laurent Gbagbo a « dit à tous ces Africains en train de manifester pour sa libération, que la démocratie est vaine, si les dirigeants ne peuvent respecter les constitutions qu’ils se donnent ».
Gbagbo : la prophétie de Den Haag
Autre titre de la presse dite « bleue », c’est-à-dire la presse pro-Gbagbo, Le Nouveau Courrier, note que « l’opposant historique au régime de parti unique d’Houphouët-Boigny (…) situe désormais (son combat politique) dans un cadre large et auquel il semble vouloir donner une dimension quasi-prophétique (…) Conscient qu’il est désormais un symbole pour les militants d’une Afrique émancipée, il s’est adressé aux jeunes de Côte d’Ivoire, mais aussi à ceux qui, originaires d’autres pays du continent, s’identifient à lui, à son combat, à son martyre », prolonge Le Nouveau Courrier.
La presse ivoirienne indépendante ivoirienne, elle aussi, fait ses gros titres sur Laurent Gbagbo
En rapportant en une la « petite » phrase de l’ex-président ivoirien affirmant devant la CPI que « c’est le perdant qui a semé les troubles », le quotidien L’Inter estime en manchette que « Gbagbo relance le débat » (sur le résultat des élections de 2010).
Soir Info a une l’idée de vérifier la réaction des populations « dans le village de Gbagbo », qui s’est traduite par une « manifestation de joie », révèle le quotidien indépendant.
Du côté de la presse proche du pouvoir, les unes sont en revanche d’un tout autre tonneau. Pour Le Nouveau Réveil, « Gbagbo s’est mélangé les pédales ». Le quotidien proche du PDCI, l’ancien parti unique, estime que, devant la CPI, l’ex-président « a traité ses avocats de menteurs ».
« Gbagbo fuit ses crimes », accuse Nord-Sud, le journal proche de Guillaume Soro, qui fut le chef de l’ex-rébellion avant de devenir Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale.
Quant au quotidien Le Mandat, il promet à ses lecteurs de révéler « ce que Gbagbo a refusé de dire » et affirme que la procureure de la CPI dispose d’un dossier « en béton ».
Même intérêt de la presse satirique ivoirienne
L’Eléphant Déchaîné remarque que Laurent Gbagbo « s’est présenté comme une victime. Que toute sa vie a été consacrée à la démocratie et qu’il a été conduit à la Cpi simplement parce qu’il a respecté la constitution de son pays ». Toutefois, regrette le journal satirique, Laurent Gbagbo « aurait pu, au moins, saluer la mémoire de toutes les victimes de tous les camps qui se sont affrontés en Côte d’Ivoire. Et ce geste, rien que ce geste, l’aurait grandi ».
Gbagbo : un scalp pour l’hermine
La presse de la sous-région a également suivi avec attention l’intervention de Laurent Gbagbo devant la CPI.
Guinée Conakry Info souligne la « posture nationaliste » de Laurent Gbagbo. Une posture « érigée comme le rempart contre le néocolonialisme d’un certain Sarkozy », étrille le site guinéen d’information en lignes.
Au Sénégal, le quotidien Le Soleil a demandé au professeur Albert Bourgi comment il avait trouvé Laurent Gbagbo lors de ses récentes visites à la prison néerlandaise de Scheveningen. Son ami Laurent « se préparait tout simplement à un procès politique, un de plus, qui lui était intenté, via la Cour, par les forces néo-coloniales », déclare Albert Bourgi dans les colonnes du Soleil de Dakar.
« On voit mal la CPI lâcher une proie de cette importance, estime, au Burkina-Faso, L’Observateur Paalga ; ne serait-ce que pour la symbolique, (la Cour) devra s’offrir le scalp de l’ancien président ivoirien », prédit le quotidien ouagalais. Qui ajoute : « on a quelque part comme une vague impression d’injustice (…) Et les partisans d’Ado ? N’ont-ils rien fait ? (…) Il est permis d’en douter. Et alors, que fait cette CPI ? », interroge L’Observateur.
Enfin en France, le site Newsring ne dit pas autre chose en expliquant pourquoi la CPI « ne peut pas lâcher Gbagbo ». D’abord « pour continuer à justifier son existence (et) pour légitimer (…) la présence à La Haye de dix-huit juges (…) rétribués 180 000 euros par an ». Ensuite parce qu’elle est « aux ordres des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la France, l’ex-puissance coloniale, qui a arrêté elle-même Gbagbo ». Enfin à cause du « silence assourdissant de François Hollande (…) qui ne cesse d’appeler au respect des droits de l’homme… en Syrie ».
Par Norbert Navarro in rfi.fr
Fri, 01 Mar 2013 23:28:00 +0100
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