Fabienne Pigeaud est journaliste. Installée à Douala, elle y a été correspondante de l’Agence France Presse et du quotidien français Libération. Dans la brève présentation que fait d’elle le journal internet SLATE AFRIQUE il est précisé qu’elle est une spécialiste de l’Afrique Centrale.
Outre ses articles elle s’est fait connaitre par la publication en 2011 d’un livre sur le Cameroun : « Le Cameroun de Paul Biya » aux Editions Karthala.
Chacun sait que la Côte d’Ivoire ne fait pas partie de l’Afrique centrale et on aurait pu attendre du Monde Diplomatique qu’il ouvre ses colonnes à un journaliste plus informé des réalités ivoiriennes , il en existe comme il existe nombre d’essayistes , de politologues français ou ivoiriens qui ont publié récemment chez un autre éditeur des ouvrages très documentés sur la Côte d’Ivoire.
Le choix du Diplo pose donc question.
L’article
Ce qui précède ne met pas en cause la qualité de l’article. En effet à partir de l’exemple de la culture du cacao dans l’Ouest africain, Fabienne Pigeaud met le doigt sur l’ingouvernabilité actuelle de la Côte d’Ivoire où, même dans le secteur le plus important de l’économie nationale, le nouveau pouvoir ne parvient pas à établir l’ordre. Le chapeau de l’article confirme « L’Etat ne contrôle plus rien, des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao. »
Mais l’enquête de l’envoyée spéciale du Diplo prend grand soin de ne pas sortir du cadre qui lui a été fixé. Parler de l’Ouest et du cacao c’est s’en tenir à la partie de l’économie ivoirienne la plus imbriquée dans l’’économie internationale. D’ailleurs Fabienne Pigeaud ne dit pas que le cacao n’est plus récolté ni vendu mais simplement que les recettes de l’économie du cacao échappent à l’Etat ivoirien. (Les plateformes pétrolières installées au large ne souffrent pas pareille insécurité.)
Quant au reste du pays où l’insécurité est la règle, où les libertés publiques sont bafouées, où sévissent d’autres « mafias » (pour reprendre le chapeau de l’article) peu importe.
En effet l’affirmation selon laquelle « l’Etat ne contrôle plus rien » peut s’ appliquer à la situation d’ensemble du pays consécutive au coup d’Etat organisé par la France, les Etats-Unis et l’ONU pour évincer le Président que la Cour Suprême ivoirienne avait, conformément à la Constitution, proclamé élu le 3 décembre 2010 : Laurent Gbagbo.
La question est soigneusement contournée et la crise politique actuelle, conséquence inévitable et prolongée de ce coup d’Etat, installée par un putsch l’équîpe au pouvoir gouverne en putschiste, n’est évoquée qu’allusivement
« La crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010… »
« Quand la crise post électorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé en Mars 2011…
« Si M. ALASSANE OUATARRA a finalement pris le pouvoir, en Mars 2011, après une crise postélectorale meurtrière … »
MARS 2011 : la date est inexacte mais cela permet de passer sous silence la journée du 11 Avril , date à laquelle l’armée française, après avoir neutralisé les troupes chargées de sa protection, a bombardé le palais présidentiel dans lequel se trouvait le Président élu et ses proches et a permis sa capture par ses adversaires .
Il s’est agi du renversement par l’armée de la république française du chef d’un Etat étranger souverain en exercice. Que cette omission soit une omission volontaire de la journaliste ou de la rédaction du Diplo importe peu. C’est dans les deux cas un aveu par occultation de l’énormité du crime d’Etat commis par la République française et son chef des armées.
De la même façon le rôle de la France dans la tentative de coup d’Etat de 2002, premier acte de toutes les manœuvres pour éliminer LAURENT GBAGBO qui ont suivi et ont trouvé leur épilogue provisoire en 2011, est passé sous silence. Il ne s’est agi que d’une action « perpétrée [….. ] par des militaires du Nord partisans de M.Ouattara…. ». Des soldats égarés sans doute, n’appartenant pas à l’armée régulière, armés par on ne sait qui , avec des armes venues dont ne soit où et qui ont poursuivi leurs exactions pendant 9 ans sans que la soi-disant « communauté internationale » ne s’en offusque.
Oui, épilogue provisoire car la vérité sur l’illégitimité et la faillite de l’équipe OUATTARA fera inexorablement son chemin.
Fait à Marseille, le 15 OCTOBRE 2012
MOSOURPA
MOuvement pour la SOUveraineté et le Respect des Peuples d’Afrique
mosourpa@mailz.org
Sun, 21 Oct 2012 17:35:00 +0200
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