« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Le général burkinabé à la retraite, Kouamé Lougué, affirme : « Si je restais, je serais un cadavre »

Lors du soulèvement contre le président déchu Blaise Compaoré, les foules scandaient le nom du général Lougué, l’invitant à prendre "ses responsabilités".

Dans une interview à la BBC, l’ancien ministre de la défense de Blaise Compaoré soutient avoir gardé le silence à son corps défendant.

"Mes frères d’armes ont tout fait sans m’associer," déclare le général Lougué qui indique qu’il s’est efforcé à se faire entendre en vain.

L’officier précise qu’il n’a eu d’avis sur aucun des communiqués successifs lus à l’état-major général des armées, annonçant la dissolution du gouvernement, de l’assemblée, puis ensuite la démission de Blaise Compaoré.

Le général Lougué a pris sa retraite en 2004 après avoir été cité dans une affaire de tentative de coup d’Etat dont il a été innocenté par la suite.

Le militaire jouit d’une image favorable auprès de l’opinion dans son pays, une explication en partie des sollicitations qui lui étaient lancées par la foule.

Dans son interview à la BBC, le général Lougué affirme s’être rendu pour les tractations avec ses frères d’armes, mais souligne qu’il a dû se retirer parce que l’atmosphère dans la salle était devenue tendue et qu’il risquait pour sa vie.

Obligation de répondre

"J’ai dû quitter la salle sans que personne ne sache parce que mon garde-de-corps m’a prévenu que si j’y restais, je n’allais pas en sortir."

Il nie avoir fui ses responsabilité, martelant que la voix du peuple est la voix de Dieu et qu’il a l’obligation de répondre s’il est sollicité.

"J’étais obligé de quitter parce que mon garde-de-corps m’a prévenu que si je ne quittais pas la salle, c’est mon cadavre qu’on viendrait prendre."

Le général retraité se refuse à nommer des personnes, évoquant une obligation de réserve. «Vous saurez tout, un jour, » dit-il.

Après avoir surmonté les dissensions, l’armée a affirmé samedi s’être ralliée dernière le colonel Yacouba Isaac Zida pour conduire la transition.

Mais l’opposition politique et certaines organisations de la société civile ont lancé un appel à manifester dimanche pour écarter les militaires du pouvoir en faveur d’une transition civile.
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Sun, 02 Nov 2014 12:05:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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