« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Le journaliste Hermane Aboua arrêté et détenu à Agban.

L’on le savait dans un pays étranger après les évènement difficiles qu’a connu notre pays, Hermane Aboua est finalement rentré au pays convaincu certainement que la Côte d’ivoire, ainsi que le prône les nouveaux tenant du pouvoir, est en phase de réconciliation. Une fois rentré au pays il fera l’objet d’un interrogatoire dans la journée du mercredi, à la suite duquel il postera ce message sur son mur facebook pour rassurer les uns et les autres. « J’ai dû vous manquer grave. La première raison, vous la connaissez, j’étais souffrant et je suis encore actuellement convalescent. La deuxième raison de mon absence, vous ne l’imaginez certainement pas : Je sors d’une journée d’audition à la "Cellule Spéciale d’Enquêtes" en ce qui concerne la crise post-électorale. Là je vous dis tout de suite, c’était une journée vraiment chargée. D’abord avant-hier lundi, je fais porter au Bureau du Procureur de la République au Plateau à Abidjan mon courrier de demande de dégel de mes avoirs bancaires tel que me l’a indiqué un des substituts du Procureur. L’on fait savoir au porteur du courrier qu’il y a une cellule spéciale ouverte à cet effet et que c’est moi même en personne qui devrait aller le déposer ce courrier. Je m’exécutai aussitôt le lendemain, c’est à dire hier mardi, mon audition est donc fixée à ce jour mercredi à 9h00 dans les locaux de cette cellule spéciale d’enquête sis à Cocody-Angré, 7ème tranche. A cause des bouchons sur le trajet, j’arrive dix minutes après l’heure de rendez-vous. Mon audition commence alors à 9h15 pour ne prendre fin qu’à13h51 mn. Vous comprenez que je ne révélerai pas le contenu de cette audition puisque je suis tenu aux secrets judiciaires. Retenez simplement que cette audition est en rapport avec mes prestations en tant qu’agent de la RTI pendant la crise post-électorale. Où j’ai eu chaud, c’est une fois que l’audition terminée, l’on me demanda d’attendre que l’un des substituts du Procureur donne son avis. Ce fut alors la longue et interminable attente à partir de 13h51. Dès lors je ne pouvais quitter les lieux. Instructions fermes ont été données. Jusqu’à ce que vers 16h45mn, l’officier de police judiciaire en charge de mon audition vint me demander de rentrer d’où je viens mais de me tenir prêt à tout moment pour venir répondre à d’autres questions dans le cadre des enquêtes. Et puis, un quart d’heures plus tard, mon téléphone sonne dans le taxi, je décroche; c’est le même officier de police qui dit que le substitut du Procureur me convoque encore demain à la même heure. Je ne sais pas quoi dire, mais franchement, j’ai peur… Merci de me soutenir en prière. » Voici le message tel qu’il a été envoyé à ses amis sur facebook pour demander de le soutenir avant sa deuxième audition prévue pour le jeudi 21 juillet, comme une prémonition. Le jour dit, il se rend donc à l’audition qui devrait être une écoute pour complément d’enquête, que non une fois dans les locaux de cette "Cellule Spéciale d’Enquêtes" à la 7è tranche, il sera conduit au camp de gendarmerie d’Agban pour y être écroué. Cette triste nouvelle qui nous a été rapporté hier nuit (NDLR : jeudi nuit) dont nous connaissons pas encore les chefs d’inculpation, nous amène à tirer deux enseignements, d’abord la réconciliation prônée n’est pas sincère. Vu le traquenard dans lequel est tombée Hermane Aboua lui le civil, il y a fort à parier que l’appel au retour au pays lancé hier par Alassane Ouattara aux FDS en exil, qui selon lui ne seraient pas inquiétés une fois rentrés, ne soit pas entendu. Le second enseignement c’est qu’après les départs d’Abéhi et de Kassaraté d’Agban ce camp est transformé en camp de détention. Pourquoi cette duplicité des nouvelles autorités qui appellent à la réconciliation et posent des actes qui sont aux antipodes de ce désir de réconciliation ? Il est clair qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, et là c’est le processus de réconciliation qui est mis à mal.

Woudy Ti in abidjanici.net

Fri, 22 Jul 2011 06:16:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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