Chez elle, l’envie de faire de la politique s’est manifestée très tôt, « Je me suis intéressée à la politique il y a dix ans alors que j’étais étudiante en licence à l’université de Nairobi », explique -telle à la Radio Nederlands Worldwide (RNW). « Je ne me suis pas présentée aux élections générales de 2002 bien que de nombreuses personnes m’y avaient poussée », reconnaît-elle par ailleurs.
Après Nairobi, Kamenchu a intégré la prestigieuse université d’Oxford où elle a obtenu un master d’études africaines. Elle est dans le même temps devenue membre de l’African Society une organisation britannique de plus de cent ans, qui rassemble les étudiants africains ouvrant pour la promotion et le développement du continent noir.
Kamenchu est membre du parti travailliste kényan, elle entend faire de la lutte contre le chômage, de la pauvreté et du problème des terres, ses priorités. Le taux officiel du chômage au Kenya était de 40% en 2008, et n’a guère évolué depuis. Selon elle, c’est le problème des terres qui avait mis le feu aux poudres en décembre 2007 lors de la dernière élection présidentielle. « Le problème des terres qui a causé beaucoup de conflits dans les provinces », est particulièrement aigu dans ce pays où plus de 80% de la population est rurale. En quoi consiste-t-il exactement ? Il s’agit de revendications territoriales à caractère ethnique. Des paysans ont été chassés des territoires gouvernementaux, d’autres ont perdu leur accès à la terre suite à des conflits ethniques, si bien que les jeunes ruraux aujourd’hui privés de terres à cultiver, se sentent spoliés.
A la fin de l’année 2007 et au début de l’année 2008, plus de mille cinq cent personnes avaient péri dans les affrontements post électoraux opposant les partisans de l’actuel président Mwai Kibaki à ceux du Premier ministre d’aujourd’hui, Raila Odinga. Des fraudes massives avaient alors été constatées.
Kingwa Kamenchu compte s’appuyer sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook pour faire campagne. Elle compte aussi sur la jeunesse du pays. Sa propre jeunesse risque toutefois de jouer contre elle, estime RNW. Des étudiants interrogés par la radio aux abords de l’université de Nairobi soulignent que le manque d’expérience de celle qui vient de terminer ses études et son émotivité sont un handicap pour gouverner convenablement le Kenya. Malgré la sympathie qu’ils éprouvent à son égard, ils ne sont pas encore prêts à voter pour elle. Pour la petite histoire, Kingwa Kamenchu a pleuré en public lors de sa première conférence de presse et ces images là ne sont pas passées inaperçues.
Kingwa Kamenchu n’est pas la seule à briguer la fonction suprême. Deux autres femmes , beaucoup plus expérimentées, ont déjà fait connaître leur intention. L’ancienne ministre de la Justice et des affaires constitutionnelles, Martha Karua surnommée la Dame de fer en référence à l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher, et l’actuelle ministre de l’Eau, également ancienne ministre de la Santé, Chastity Ngilu. Politicienne chevronnée, Ngilu tente sa chance pour la seconde fois. En 1997, elle avait été la première femme de l’histoire du Kenya à être candidate à une élection présidentielle.
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Sun, 18 Nov 2012 13:38:00 +0100
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