« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Le pays est simplement ingouvernable

Un homme dans le tourbillon de ses déboires, a osé prononcer un jour sur la Cote d’ivoire une formule, à l’évidence maléfique « je rendrai ce pays ingouvernable ! » Depuis lors, ce pays se gouverne difficilement. Faut-il que ce monsieur, au même endroit, prononce-t-il des paroles contraires pour nous délivrer de ce sort qui plane sur ce pays. Les sages disent que c’est par la parole que toute chose a été créée. C’est par la parole qu’on emmène à l’existence ce qui n’existait pas. Quand quelqu’un dit qu’il rendra un pays ingouvernable, il ne suffit pas qu’il prenne les rênes de ce pays pour qu’il ne le soit plus. Il est désormais simplement ingouvernable et c’est tout. Et ce qui est marrant dans cette affaire, c’est la promptitude avec laquelle, ceux qui gèrent désormais un pays ingouvernable trouvent leurs bouc-émissaires. Sept casques bleus sont morts dans une attaque dans l’ouest de la Côte d’ Ivoire. Des qu’ils ont reçu l’information, les autorités ivoiriennes, ont avec une célérité qu’on ne leur connait pas du tout en la matière, ont désigné les pro-Gbagbo et remis en cause l’étanchéité de la frontière du Liberia. La pauvre Dame, fatiguée d’être chaque fois indexée dans cette pagaille qu’on a sciemment semée dans l’ouest de la Cote d’Ivoire a décide carrément de fermer sa frontière. Arrivera-t-elle à faire comprendre à Dramane qu’elle n’a rien à avoir avec le sort qui frappe son pays ? Quant à l’identification des bandits qui sévissent à l’ouest comme étant des pro-Gbagbo, on se pose deux questions. Pourquoi c’est aujourd’hui, après presqu’une décennie sur le territoire ivoirien que les pro-Gbagbo s’en prendraient à des casques bleus nigériens ? Justement au moment où le dirigeant nigérien montre des signes de sympathie pour leur cause. Il y a toujours quelqu’un à qui profite le crime. Le moment où les pro-Gbagbo devraient s’en prendre aux casques bleus est connu. On les a vus convoyer les rebelles jusqu’à Abidjan, combattre même à leur coté le régime de Laurent Gbagbo. La seule réaction qu’on connait aux pro-Gbagbo alors qu’ils en avaient les moyens armés de tirer sur eux, a été de faire des sit-ing devant l’Hôtel Sebroko. La seconde question qu’on se pose est : quel est cet appareil d’Etat dont dispose le régime de Dramane Ouattara qui en un clin d’œil identifie les pro-Gbagbo dès qu’il y a tuerie et attend toujours des enquêtes qui ne viennent jamais quand il s’agit des exactions des FRCI à travers le pays ?

Joseph Marat

Fri, 15 Jun 2012 12:39:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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