« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Le régime Ouattara est bel et bien une dictature : 671 prisonniers politiques en 2 ans de règne

N’en déplaise aux négateurs des évidences. Le régime Ouattara est une dictature féroce. Et les preuves pour le démontrer foisonnent. La confiscation des libertés fondamentales consacrées par la Constitution (liberté de manifestation pour les partis politiques), l’usage de la terreur et de la répression comme moyens de gestion du pouvoir, la caporalisation de la justice et des medias publics, les violations graves des droits humains (exécutions extrajudiciaires, meurtres, viols, tortures et autres crimes graves, etc.) et les atteintes à la liberté de la presse sont des faits indéniables. Plusieurs rapports des organisations de défense des droits humains, des Nations unies et des Etats-Unis l’attestent. Mais l’indicateur le plus visible de cette dictature rampante est sans nul doute le nombre des personnes arbitrairement détenues pour leur appartenance politique, leur opinion ou simplement pour avoir fait leur travail. Selon le Fpi, principal parti d’opposition, ce sont, au total, 671 prisonniers politiques, civils et militaires qui croupissent dans les geôles du régime Ouattara depuis le 11 avril 2011, date de l’arrestation du président Laurent Gbagbo par l’armée française. 671 prisonniers politiques, civils et militaires en deux ans de règne. Une vraie prouesse, qui pourrait être relayée par le livre des records Guinness, dans l’histoire des dictatures en Afrique. Ces prisonniers parmi lesquelles des personnalités politiques de premier plan (ancien Premier ministre et chef de parti, ministres, universitaires, directeurs centraux d’administration) sont maintenus au secret depuis plus de deux ans sans jugement, en violation de tous les principes du droit. Les politiques et des dignes serviteurs de l’Etat sont en prison pour avoir soutenu ou collaboré avec le gouvernement du président Laurent Gbagbo officiellement proclamé vainqueur de la présidentielle de 2010 par le Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à donner les résultats définitifs du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire comme le prescrit la loi fondamentale ivoirienne. Tout comme les civils, les militaires payent aussi le prix de leur attachement à la légalité constitutionnelle et surtout de leur fidélité aux institutions de la République. Conformément à la Constitution et au serment qu’ils ont prêté devant la nation, les militaires ont pour mission de défendre au prix de leur vie l’intégrité du territoire national et les institutions de la République incarnées par le président de la République. Lequel président de la République n’était autre que Laurent Gbagbo comme l’a clairement indiqué l’arrêt du Conseil constitutionnel. Enfin, les prisonniers d’opinion proviennent aussi bien des hommes politiques que des journalistes. On peut citer, dans ce registre, les exemples de Laurent Akoun, secrétaire général du Fpi, condamné à 6 mois de prison ferme pour des propos tenus au cours d’une tournée politique et de Ousmane Sy Savané, patron du groupe de presse Cyclone, écroué pendant 13 mois pour atteinte à la sûreté de l’Etat et libéré sans procès le 2 mai dernier. Le régime Ouattara est bel et bien une dictature qui se révèle chaque jour au monde entier sous ses différentes facettes.

Jean Khalil Sella
In Notre Voie

Fri, 17 May 2013 22:10:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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