« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Le rôle méconnu des africains dans libération de la France durant la deuxième guerre mondiale

Les anciens combattants africains ont joué un rôle majeur dans la fin de la seconde guerre mondiale, précisément dans la libération de la France. Mais ce rôle est méconnu et occulté par l’histoire telle qu’on nous la montre aujourd’hui. D’âpres l’histoire qu’on enseigne un peu partout officiellement, le général de Gaulle est présenté comme un héros qui a fait un appel un certain 18 juin, déclenchant ainsi la résistance qui permit de libérer la France.
Alors que l’histoire montre qu’en réalité, le général de Gaulle a déserté l’armée. Face aux problèmes et aux difficultés dont souffrait l’armée Française face aux allemands, la France l’a envoyé en pleine deuxième guerre mondiale en mission pour la France du coté de Londres pour y chercher du soutien ou de l’aide, Il a profité de cette mission qui lui avait été confiée par son gouvernement à l’époque pour fuir la France et rester du coté de Londres avec le secours des britanniques.

C’est de la qu’il fit son fameux appel du 18 juin 1940, toujours avec un coup de main des britanniques. Mais le problème est le suivant : en temps de guerre, lorsqu’un pays en domine un autre, il est courant que ce pays (ici l’Allemagne nazie) qui attaque, s’approprie tous les moyens de communications et les medias d’état (Télévision, Radio, etc.) du pays dominé.

C’est pourquoi l’appel du 18 juin 1940, n’a pas été entendu en France le jour même, car les communications (médias, tv, radios, etc..) étaient en majeure partie contrôlées par les allemands. Son appel est passé dans quelques petits groupuscules de résistants isolés, puis bien plus tard mais les gens (resistants, etc..) ne pouvaient rien face à la puissance de l’Allemagne.
Ayant constaté sa fuite et ayant constaté qu’il a déserté, le gouvernement de Vichy a pris contre de Gaulle les mesures suivantes :

– 19 juin 1940 : Ordre de regagner la France
– 22 juin 1940 : Annulation de la nomination de Charles de Gaulle au rang de général de brigade
– 23 juin 1940 : Charles de Gaulle admis à la retraite d’office
– 27 juin 1940 : Ordre de se constituer prisonnier sous cinq jours
– 4 juillet 1940 : Le tribunal militaire de Toulon condamne de Gaulle à quatre ans de prison, 100F d’amende, ainsi qu’à être déchu de la nationalité française.
– 2 août 1940 : le tribunal militaire de Clermont-Ferrand condamne " l’ex-général de Gaulle " à mort par contumace. Il est reconnu coupable de " désertion " et de s’être " mis au service d’une puissance étrangère ".

Suite à toutes ces mesures prise contre lui, de Gaulle ne pouvait plus rentrer au pays, car il savait toutes les sanctions qui l’attendaient. Quant aux élites françaises de l’époque, elles collaboraient avec l’occupant allemand.

C’est en Afrique que De Gaulle finit par trouver des gens pour répondre a son appel, car l’appel a été entendu dans les colonies. Le Guyanais Félix Eboué, gouverneur du Tchad à l’époque, va se rallier à son appel à libérer la France. Il sera nommé par De Gaulle, gouverneur général de l’AEF (Afrique Equatoriale Française) le 12 novembre 1940. L’Afrique Equatoriale Française était un ensemble de colonies francaises formé du Gabon, Moyen-Congo, Tchad, Oubangui-Chari, etc..

Felix Eboué et ses adjoints vont faire des recrutements de combattants africains pour former une armée de libération de la France. Ces combattants africains seront appelés tirailleurs. Pourquoi étaient-ils appelés tirailleurs ? Eh bien le terme tirailleurs vient de l’expression "Tire-Ailleurs", c’est-à-dire ceux qui ne savent pas tirer ou viser correctement. Ce terme de Tire Ailleurs était employé pour designer des personnes sans formation militaire réelle, recrutées sur le tas et engagées dans l’armée. Ce terme était employé pour désigner les combattants africains car en effet, les combattants africains recrutés n’avaient reçu aucune formation militaire, et ne savaient donc pas manipuler ou manier les armes (viser, tirer, etc.) correctement.

Durant la première guerre mondiale des africains avaient déjà sommairement sur le tas participer à la guerre. Et comme ils embarquaient souvent par le Sénégal pour rejoindre les fronts de bataille en Europe, ils récurent tous le nom de tirailleurs sénégalais (comme si ils étaient tous sénégalais).
Félix Eboué et ses adjoints vont réussir à recruter et organiser stratégiquement au moins 40000 africains à l’intérieur des colonies de l’AEF pour former les premières forces armées de libération de la France.

La véritable résistance et la libération de la France est venue des « nègres » d’Afrique dans l’AEF. D’autres combattants africains étaient aussi progressivement recrutés en AOF (Afrique Occidentale Française), en Afrique du nord, aux Antilles, etc.

Ces combattants africains devaient, en passant par le Tchad, traverser tout le désert Sahara en affrontant les Forces allemandes de l’Afrika Korps aux ordres de Rommel. La bataille décisive qui sonna le début de la défaite des allemands et par la même occasion le début de la fin de la guerre, et le début de la libération de la France, c’est la bataille de Bir Hakeim dans le désert libyen en 1942, où les forces françaises libres (composées essentiellement de personnes venues de l’Afrique et engagés au sein des Forces Françaises libres), ont vaincu de haute lutte les forces allemandes de l’Afrika Korps et leurs alliés.

Cette victoire a permis aux forces françaises libres, et à leurs alliés d’alors engagés dans la guerre, de déboucher en Tunisie, de débarquer au sud de la France et de commencer la libération de la France par le sud, jusqu’à arriver aux environs de Paris. Dans tous les territoires français, les gens qui avaient choisi de se rallier à la cause de la France se sont progressivement joints aux mouvements de libération.

La libération de la France est donc venue essentiellement de l’Afrique, et des gens issus des colonies et des territoires d’outre mer, auxquels se sont rajoutés les quelques mouvement de résistance clandestins en France même et en Europe, ainsi que les français (soldats ou non) qui ont rejoint progressivement les rangs des forces françaises libres et la résistance.

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Fri, 15 Aug 2014 16:24:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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