« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Le temps est vraiment l’autre nom de Dieu

Devant l’évidence, ADO et sa communauté internationale sont frappés de mutisme. Pour ADO, ce n’est pas la pile qu’il promène, vissée dans son corps qui est défaillante; ce n’est pas non plus un début d’AVC qui le contraint au silence, mais c’est simplement la pertinence de l’affaire. Laquelle est-elle ? Il s’agit de la notion d’intégrité territoriale du Mali. Dieu est-il muet ou ce sont les humains qui ne savent pas décoder son langage?
En effet, il y a, à peine deux ans, lorsqu’aux prises avec la rébellion Soro-ADO, Laurent Gbagbo et sa galaxie patriotique excipaient de l’impossibilité de faire des élections présidentielles en Côte d’Ivoire tant que le territoire n’était pas intégralement libéré de l’emprise des rebelles. Cela avait soulevé un véritable tollé. La presse française ruait dans les brancards que Gbagbo a peur de perdre les élections, c’est pour cela qu’il parle d’une partie du territoire occupée. Il n’acceptera d’aller aux élections que lorsqu’il sera assuré de les gagner ; et patati et patata. Pourtant, la constitution ivoirienne est on ne peut plus claire sur ce point…
Et pourtant, l’accord de Ouagadougou stipulait expressement que deux mois avant les élections, les rebelles devaient avoir déposé les armes et par conséquent avoir libéré la partie CNO (centre, nord et ouest) du territoire national.
Le complot international mal ficelé, laissait transparaître en filigrane, l’intention de délinquer ouvertement. Pour ce faire, l’on se disait dans les milieux diplomatiques : pourvu qu’Alassane soit admis à compétir et le tour sera joué.
Le tour a donc été joué et voici que « Le Carter III », ambassadeur américain en Côte d’Ivoire et l’autre moribond d’ambassadeur français, mettent aujourd’hui le profil bas.
Le Mali connaissant les mêmes difficultés, on entend le président français François Hollande dire que l’intégrité territoriale est un préalable avant d’aller aux élections ! ADO aura sans doute un sourire niait comme il sait le faire quand il est physiquement et moralement dépité. Ö honte à la communauté internationale ! Ö honte à tous ces prélats qui par complaisance, ont aidé à violer la constitution ivoirienne permettant la tuerie de trois mille Ivoiriens ! Ö honte à tous ceux qui le savaient et ont gardé un silence coupable devant la tragédie ivoirienne en préparation ! Ö honte à la France éternelle ! Ö honte à ADO et son parti républicain !
Dieu a confirmé aujourd’hui que son principal nom est le temps ; il a parlé à sa manière pour dire que Laurent Gbagbo a eu raison et aura toujours raison sur ADO et ses affidés. Dieu parle, mais nous ne comprenons pas son langage écrit en lettres tissées en terme de temps. Ce qu’on a refusé hier à la Côte d’Ivoire, on l’admet aujourd’hui au Mali. Pire, quand Laurent Gbagbo a accédé à l’ordre de la Constitution ivoirienne qui veut qu’il n’y ait plus d’exilé politique ivoirien à l’extérieur, il n’a posé aucune condition au retour en terre ivoirienne d’ADO et du président Bédié. Pourtant, il avait la possibilité de lancer Interpol à leurs trousses pour moult tentatives de déstabilisation. Il voulait la paix donc, il a passé l’éponge sur leurs cas. Dans peu de temps, Dieu va encore parler pour lui donner raison, comme il vient de le faire par la bouche de la communauté internationale, celle-là même qui ne voulait rien entendre sur les récriminations de la majorité présidentielle.
Dans tout cela, le RHDP et les rebelles marquent leur légèreté de jugement quand ils croient que leurs agressions de la loi et des institutions sont normales et bénies alors que celles de leurs adversaires doivent être vouées aux gémonies. Aujourd’hui, ils n’ont que le mot réconciliation en bouche, alors que le sang frais de leurs victimes crie encore vengeance. Ils n’ont que le mot réconciliation en bouche parce qu’ils croient que leurs élections biaisées qui les ont mis au pouvoir, ont expurgé d’eux, leur nature de rebelles criminels.
Soyons un tant peu sérieux, car si les choses devaient être comme ils le pensent, ce serait trop facile.

Louis-Freddy Aguisso

Sat, 29 Sep 2012 10:49:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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