« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Le triomphe inattendu : Donald Trump est le 45ème président des États-Unis

Huit ans après l’élection de Barack Obama, premier président noir qui avait suscité une immense vague d’espoir à travers le pays, Donald Trump, 70 ans, taxé de sexisme et de xénophobie par ses adversaires, l’a emporté sur la démocrate Hillary Clinton qui espérait devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

Il avait fait campagne comme l’outsider déterminé à mettre fin à la corruption des élites politiques qui ont selon lui "saigné le pays à blanc". Il avait promis de "rendre à l’Amérique sa grandeur", son slogan, et de la protéger de l’extérieur.

Ce milliardaire imprévisible, que personne n’avait vu venir, avait annoncé lundi un "Brexit puissance trois", référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l’Union européenne. Il a durant toute sa campagne galvanisé un électorat blanc modeste se sentant laissé pour compte face à la mondialisation et aux changements démographiques, auquel il décrivait un avenir sombre pour les Etats-Unis.

Sa victoire choc intervient à l’issue de 18 mois d’une campagne électorale qui a profondément divisé les Etats-Unis et stupéfié le monde par ses outrances et sa violence.

Colère et frustration

Plus de 60% des Américains pensaient que Donald Trump n’avait pas le caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et les frustrations d’une partie de l’électorat. Ses propositions restent vagues dans un certain nombre de domaines, comme la politique étrangère. Et elles suscitent l’inquiétude dans d’autres, comme l’économie.

Tôt mercredi matin, l’équipe d’Hillary Clinton estimait encore que le résultat final restait incertain. "Le décompte se poursuit et chaque vote compte", a déclaré John Podesta, directeur de campagne, annonçant que la candidate ne s’exprimerait pas, comme prévu, devant ses milliers de supporteurs réunis dans un centre de conférences au toit de verre, le Javits Convention Center.

Secousses sur les marchés

Sans attendre la confirmation de sa victoire, la présidente du Front national Marine Le Pen a adressé mercredi matin sur Twitter ses "félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre". La possibilité d’une présidence Trump a violemment secoué les marchés. Le dollar a chuté alors que les investisseurs se précipitaient sur les valeurs refuges comme l’or et les marchés obligataires.

Au fil de la soirée, le chemin vers la Maison Blanche s’est fait de plus en plus étroit pour Hillary Clinton, qui depuis des mois était la favorite des sondages. L’homme d’affaires milliardaire, en qui personne ne croyait lorsqu’il a lancé sa candidature en juin 2015, n’a jamais occupé le moindre mandat électif. Outre la Floride, la Caroline du Nord et l’Ohio, deux autres Etats cruciaux, étaient tombés dans son escarcelle plus tôt dans la soirée.

Preuve de son optimisme, le magnat de l’immobilier avait tweeté quatre heures avant sa victoire une photo de lui avec son colistier Mike Pence, son équipe et sa famille regardant les résultats depuis la Trump Tower sur la Ve avenue à Manhattan, où il a ses bureaux et son appartement, un luxueux triplex aux allures de mini-Versailles.

"Je pense que nous allons gagner!", jubilait Brendon Pena, 22 ans, supporteur de Trump, dans l’hôtel new-yorkais où l’équipe de campagne du milliardaire avait prévu "une fête de victoire". "J’y ai toujours cru. Je pense que Donald Trump est un type très intelligent".

‘Le pays veut du changement’

"C’est incroyable! Je pense qu’il va aller jusqu’au bout", soulignait de son côté Glenn Ruti, 54 ans. "Le pays veut du changement". Et au fil des résultats, les mines se sont allongées à l’intérieur de la soirée électorale d’Hillary Clinton, 69 ans. Certains supporteurs choqués, venus parfois de très loin, sont partis en pleurant sans attendre le résultat final. "C’est tout simplement incroyable", se désolait Anabel Evora, 51 ans. "Je prie et je ne suis pas croyante… Nous avons besoin d’un miracle. Je suis triste, je sens que je vais pleurer".

Mme Clinton a regardé les résultats dans un hôtel de New York avec son mari Bill Clinton et leur fille Chelsea, accompagnée de son mari et de leur deux enfants. Plus de 200 millions d’Américains étaient appelés aux urnes mardi pour choisir le successeur de Barack Obama, extrêmement populaire, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier après huit années au pouvoir.

Lire la suite

Wed, 09 Nov 2016 10:43:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.