« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Les jeunes filles victimes de la mode

Elles ont entre 9 et 16 ans. Elles portent des petits tee-shirts qui laissent voir les formes de leurs sein, et expose leur ventre. Et, souvent un bijou dans leur nombril percé, dans leur langues, un jeans taille basse et son inséparable allié, le string visible à l’oil nu. Du maquillage abondant et des souliers à talon qui leur donne un déhanchement provocant. Elles ont encore l’âge de jouer à la madame, mais elles y jouent pour vrai. Cette génération d’ados-naissantes préoccupe plus d’une personne. On assiste à un retour en force des stéréotypes sexuels et à l’affirmation de la personnalité basée uniquement sur les apparences. Et tout ça se déroule dans l’indifférence générale des parents, et de leurs enseignants pour ceux qui sont scolarisés.

La sexualisation précoce des jeunes filles de 9 à 16 ans transforme des enfants en petites femmes sexuées. La différence entre les vêtements destinés à ces jeunes filles et ceux de leur grande sour de 20 à 45 ans n’est souvent qu’une question de taille. Pendant ce temps, les garçons de cette tranche d’âge (9 à 16 ans) continuent à s’adonner à des jeux de leur âge. La socialisation différentielle des sexes est considérée comme normale, si on en juge par l’absence de réactions dans la population.

Le résultat très apparent de cette mode est la sexualisation précoce du corps de la jeune fille. Les Spice Girls, Britney Spears et Christina Aquilera du jour viennent renforcer ce mouvement. Même le cinéma américain, avec un film comme American Beauty, contribue à lever le tabou sur les relations sexuelles entre un homme adulte et une jeune adolescente, d’ailleurs ici il est fréquent de voir une fille de 15 ans avec un adulte d’un certains âge. Les filles croient que c’est correct de s’habiller et d’agir comme si elles avaient plusieurs années de plus. C’est valorisant parce que ça attire les hommes plus âgés.

Avant l’arrivé de cette mode, dans les années 1950, une jeune fille de 11 ans était perçue comme une fillette, alors qu’aujourd’hui, elle est une cible sexuelle. Un autre effet pervers de cette mode est que les jeunes filles misent sur l’apparence physique pour être valorisées, pour s’affirmer, ce qui crée une forme de dépendance envers les produits qu’elles utilisent pour se composer une image. La sexualité est affichée comme un contre-pouvoir féminin, une sorte de Girl Power. La formation identitaire de la jeune fille est axée sur la sexualisation précoce de ses rapports avec les garçons.

Cela réduit énormément leur potentiel parce que le paraître est un pouvoir limité et éphémère. Je crois que la société ne mesure pas bien ou banalise les enjeux et les conséquences de cette mode.

gabonedito

Thu, 24 Jan 2013 14:13:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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