Car il est à la base du coup d’Etat qui a renversé le Président Bédié le 24 décembre 1999. Lors d’une rencontre entre les populations kôyaka et des cadres Rdr de la région de Séguéla, des vérités crues sur fond d’amertume ont été crachées aux représentants du chef de l’Etat. Qui, visiblement, se sont sentis gênés par cet acte : « Gbagbo a passé 10 ans à négocier avec vous ; pourquoi à votre tour, vous n’avez pas négocié avec quelqu’un qui s’est sacrifié pour Alassane depuis longtemps ? » ont demandé ces populations aux émissaires d’Ado.
Une question qui n’a pas eu la réponse qu’il fallait. Parce que gênés, ils ne savaient quoi dire. Et ce n’est pas tout, puisqu’à Paris, les militants du Rdr, qui ont habitué les Ivoiriens à la violence, se sont bagarrés dans un maquis. Au menu de cette bagarre, l’affaire Ib qui les divise de plus belle.
C’est la police française, régulièrement témoin de la barbarie de ce parti, qui est intervenue pour séparer les deux camps. On voit donc que l’assassinat d’Ib n’a pas encore fait son dernier remous au sein du Rhdp.
Après IB – Soumaila Bakayoko dans le viseur de Soro.
Rien ne va plus entre ceux qui ont renversé le régime légal du Président Laurent Gbagbo. C’est la discorde entre Alassane Ouattara et Soumaila Bakayoko. La pomme de discorde n’est rien d’autre que l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly alias Ib. Nous l’avions annoncé, le second n’a pas apprécié que les hommes du premier le tuent. Il l’a fait savoir au cours d’une rencontre.
Selon lui, ce n’est pas de la sorte qu’on devait régler le cas Ib. Puisque ce dernier a joué un rôle important dans l’arrivée du putschiste Ouattara au pouvoir. Les informations font état de ce qu’il aurait menacé de vengeance. La réaction de Soumaila Bakayoko n’a été du goût de Guillaume Soro et d’Alassane.
Ces derniers ont demandé que Bakayoko soit mis en résidence surveillée. Bien avant, l’homme a été passé à tabac. Depuis lors, il croupit quelque part. Ses parents sont sans nouvelle de lui. Il faut dire que Soumaila Bakayoko et Ib sont tous deux originaires de Séguéla. Précisément de Sifié. En plus, les deux étaient très liés. Le défunt a été à la base du ralliement du second à la rébellion qui s’est déclenchée en septembre 2002.
Après leur forfaiture, Alassane Ouattara et Soro ont envoyé une mission à Séguéla pour amadouer les parents du sergent. Mais, la mayonnaise n’a pas pris. Parce que les parents, sous le choc, n’ont pas encore digéré cette situation. Ils ont même fait savoir que depuis le déclenchement de la crise, le Président Laurent Gbagbo a mis neuf ans pour discuter avec les responsables de la rébellion. Alors pourquoi Soro et Alassane ne pouvaient discuter avec Ib.
C’est sur cette note que les parties se sont séparées sans tomber d’accord. Rappelons qu’il y avait un vieux contentieux entre Soro et Ib. Les deux hommes se guettaient depuis longtemps. Ib accusait Soro d’être un opportuniste. Et qu’il n’avait rien à avoir dans la rébellion. Il ne sait pas comment le mouvement a été mis sur pied. Soro, quant à lui, rejette ces accusations. Il soutient que son ancien compagnon est un poltron. Il n’a jamais été sur le théâtre des opérations.
Pour montrer qu’il est le maître de la rébellion, Soro a éliminé toutes les personnes qui étaient proche du sergent. Il s’agit de Kass, Adams, Mobio… En clair, chacun attendait le faux-pas de l’autre pour le frapper. Et Soro a eu l’occasion. Il l’a tué.
Ainsi finit toujours la rébellion. A qui le tour ? Les jours prochains nous situeront.
« Alassane Ouattara veut sa réconciliation pour gouverner en paix ».
Alassane Dramane Ouattara, a-t-il autant de capacité de déstabilisation des régimes de ses adversaires que d’aptitude à stabiliser le sien ? Là se trouvent les fondements de l’empressement du nouveau chef de l’Etat ivoirien à lancer une Commission dialogue, vérité et réconciliation. Etre porté à bout de bras au pouvoir par la France au terme d’un coup d’Etat sanglant et dévastateur, après avoir soi-même rendu le pays ingouvernable pendant plus d’une décennie, et se précipiter à parler de réconciliation, il faut le faire !
Alassane Dramane Ouattara veut une Côte d’Ivoire réconciliée et paisible. Une Côte d’Ivoire harmonieuse, aisée à gouverner. Pourtant, c’est d’une telle et même Côte d’Ivoire qu’a rêvé le Président de la République Laurent Gbagbo lorsqu’en 2001, il a installé le Forum de réconciliation nationale dirigé par Elimane Seydou Diarra. Forum qui a travaillé du 9 octobre au 18 décembre 2001 et reconnu la légitimité du Gouvernement de Laurent Gbagbo. On a vu à cette tribune Alassane Ouattara et son camp dire « triomphalement » leur part de vérité pour que la Côte d’Ivoire soit réconciliée.
Après le Forum, tout semblait aller pour le mieux. Aucun grabuge n’a secoué la classe politique au point où le Rassemblement des républicains (Rdr) qui s’était refusé à participer au gouvernement d’Affi N’Guessan y a fait son entrée le 5 août 2002. Mais cette embellie du climat sociopolitique n’a pas empêché Ouattara de tenter son coup d’Etat qui s’est mué en rébellion le 19 septembre 2002. Et depuis cette date jusqu’à la présidentielle de novembre 2010, sa rébellion a divisé le pays en deux. La zone Centre Nord Ouest (Cno) sous administration de la rébellion, donc sous l’escarcelle de Ouattara et son délégué politique à la tête de cette bande armée Soro Guillaume, est exploitée par Ouattara et ses alliés, la France et le Burkina Faso, ce dernier pays devenu exportateur du cacao qu’il ne produit pas.
Les populations dans ces zones ont été constamment objet d’exactions et d’exécutions sommaires. Pour que la Côte d’Ivoire retrouve la paix, le conflit ivoirien a été traîné sous plusieurs arbres à palabres, dont notamment celui de Linas-Marcoussis où, sans même la condamner, Paris a fait entrer la rébellion au Gouvernement ivoirien, même avec des ministres illettrés fonctionnels. Mais pendant toutes ces années de pouvoir partagé, où Ouattara et son camp avaient plus de ministres au Gouvernement que le Président Laurent Gbagbo, plusieurs tentatives de coup d’Etat du fait du même mentor du Rdr, ont perturbé la marche de la République.
Laurent Gbagbo a espéré qu’à travers l’Accord politique de Ouagadougou (Apo), signé le 4 mars 2007, qui a fait de Guillaume Soro Premier ministre, Ouattara et sa bande armée respecteraient leur part d’engagement en déposant les armes avant les élections. Mais sous la pression de la France et de la communauté internationale se montrant garantes de la régularité des opérations de vote, le Président ivoirien, de crainte d’être traité de celui qui bloque le processus de paix, a consenti à aller aux élections avec le Nord non désarmé.
Aujourd’hui, face à un contentieux électoral créé de toutes pièces par la France parce que son poulain a perdu la partie, l’ancienne puissance coloniale s’est jetée corps et âme, officiellement, dans la bataille en bombardant aux missiles la résidence du Président Laurent Gbagbo que sa force Licorne a capturé et remis à son adversaire Alassane Ouattara qui en dispose, en prison, comme d’un trophée de guerre.
Il est torturé. Son épouse, ses enfants, ses collaborateurs sont également violentés et jetés en prison à travers le pays. Certains de ses proches comme le ministre Désiré Tagro sont assassinés, d’autres, portés disparus, sans nouvelles. Mais au début de cette offensive, le 29 mars 2011, pour le pouvoir, les rebelles que la France a armés pour Ouattara, appuyés d’autres mercenaires, ont tué plus d’un millier de civils à Duékoué (Ouest de la Côte d’Ivoire). Ensuite, c’est pendant que la Licorne continue de bombarder et de massacrer les populations civiles à Yopougon, commune dite bastion de Gbagbo, sans que ce drame ne choque l’opinion internationale, pendant que les forces républicaines de Ouattara continuent de piller les biens des membres du Front populaire ivoirien (Fpi), parti de Laurent Gbagbo et de la Majorité présidentielle et que la presse proche de l’ancien régime est interdite de parution, ses journalistes traqués, et que les opposants sont interdits de parole, c’est à ce moment qu’Alassane Ouattara brandit une commission dialogue, vérité et réconciliation.
Avec comme président, un Charles Konan Banny, ancien Premier ministre pro-Ouattara, qui ne peut pas être un confesseur au sens moral du terme, pour être lui-même, un acteur principal de cette crise dont on recherche la solution.
Le Temps
Wed, 11 May 2011 17:22:00 +0200
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