« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Les pro-GBAGBO à Dakar: Sédatif diplomatique ou offensive diplomatique?

La question mérite doublement d’être posée, surtout lorsqu’en regardant dans le rétroviseur de l’histoire et des combats de libération, même dans celui tout récent de la Résistance ivoirienne de 2002 à ce jour, nous voyons le monstre puant de l’endormissement diplomatique en train de baver sur les intérêts vitaux du peuple.

Alors, il faut qu’on en parle.

Selon les scientifiques, le «sédatif» est une substance qui a une action dépressive sur le système nerveux et qui entraîne un apaisement, une relaxation, une réduction de l’anxiété, une somnolence, une démarche chancelante, des troubles du jugement et une diminution des réflexes. Un sédatif peut être aussi désigné comme tranquillisant, dépresseur ou somnifère. À forte dose, la plupart des sédatifs peuvent entraîner l’inconscience et la mort.

Ramené au plan politique, le Sédatif diplomatique est ce que les Ivoiriens de Yopougon appellent «Blaguer-tuer».

Quant à «l’offensive», elle se définit comme une attaque que l’on lance contre des positions ennemies, en représailles ou à titre de riposte à une agression ou bien, de façon délibérée, sans avoir été préalablement la cible d’une attaque, le tout s’inscrivant dans une stratégie qui vise la victoire sur l’ennemi.

Rapportée au plan politique, l’Offensive diplomatique serait une action de communication et de lobbying politique, visant à conquérir l’opinion diplomatique, l’opinion internationale, en vue d’obtenir des appuis politiques indispensables pour faire entendre une cause et éviter sa condamnation dans l’opinion dite internationale.

Bref. Et poursuivre pour dire:

Après avoir arpenté les couloirs de Paris, annoncé le deal de Dakar, des hauts cadres proches de Laurent GBAGBO se retrouvent aujourd’hui, à la veille de la négociation des modalités dites acceptables de part et autre de ce deal de Dakar, chez le jeune françafricain de Macky Sall, il y a deux choses à comprendre et deux choses à espérer.

En termes de choses à comprendre, les invités de Macky Sall ne vont pas à Dakar en tant que demandeurs. Ils y vont en tant que protagonistes invités à dire leur part de vérité, une vérité que ceux qui sont derrière cette invitation, feignent naturellement d’ignorer.

Deuxième chose à comprendre, c’est que le FPI est composé depuis le 11 avril 2011 de deux ailes: une aile de maintien en vie restée en Côte d’Ivoire et une aile de Résistance patriotique en exil. La présence très remarquable de l’aile de la Résistance à Dakar, doit être perçue en langage politique, comme une volonté affichée de porter la riposte appropriée avec les hommes appropriés aux manœuvres prévues dans le noir pour tuer la Résistance révolutionnaire ivoirienne sur l’autel dressé par la Françafrique à Dakar.

Les deux espérances, à présent.

La première est celle d’avoir et de maintenir à l’esprit, comme préalable à toute avancée, le recomptage des voix des élections présidentielles de 2010. La réhabilitation historique d’un homme et l’honneur de toute une génération de Patriotes en dépendent.

La seconde espérance, est celle de trouver à Dakar, des Résistants capables de demeurer infléchissables sur les questions qui touchent au Génocide des Wè, au retour des criminels Burkinabè dans la leur pays, à l’ouverture d’une enquête de l’Union Africaine contre Blaise Compaoré pour son activisme criminel en Côte d’Ivoire et dans toute l’Afrique de l’Ouest mais aussi et surtout, au retrait des forces françaises et leurs alliés terroristes pillant, tuant ou protégeant des génocidaires en Côte d’Ivoire.

Si ces préalables sont pris en compte, l’aventure de Dakar sera une offensive diplomatique et le prolongement du combat de Résistance révolutionnaire. Il s’en suivra tout naturellement, la naissance de façon digne, d’une véritable aile politique de la Résistance révolutionnaire ivoirienne.

Sinon, elle serait un banal sédatif diplomatique qui sonnera le début daté d’un grand désamour et d’une rupture consommée entre le FPI d’une part et, la Résistance militaire et civile non partisane d’autre part, celle qui incarne la Côte d’Ivoire nouvelle.

Pour finir, une mise au point.

La Résistance Patriotique et Révolutionnaire a son agenda. Le FPI a le sien. Mais les deux forment la Côte d’Ivoire digne. Leur union aurait pu faire la force. Mais si le FPI privilégie les intérêts partisans, s’il confirme qu’il a l’intention de renoncer définitivement à sa vocation de parti de résistance à l’invasion coloniale de la Côte d’Ivoire et fait le choix soupçonné d’échanger les intérêts vitaux du Peuple de Côte d’Ivoire contre des strapontins politiques égoïstes, cela n’engage et n’engagera que le FPI.

Pour notre part, nos objectifs révolutionnaires restent maintenus et en phase opérationnelle.

Que ceux qui ont des oreilles pour comprendre comprennent. Il n’y a pas de match nul dans un combat de libération. Car la liberté ne se négocie pas, elle s’arrache!

A Très bientôt.

Hassane Magued

Sun, 16 Dec 2012 13:43:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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