Fofié et ses amis se construisent un quartier
Des villas haut standing, avec des vigiles postés aux entrées sont les signes de développement qui honorent Korhogo. « Cette villa que vous voyez appartient à un jeune homme de moins de 30 ans. Il a fait fortune ici pendant ces années de crise. Dans ce quartier, certains amis du Commandant Fofié ont jusqu’à 7 lots qu’ils ont bâtis », confie mon guide. Le visiteur est émerveillé par toutes ces grosses bâtisses dont la fausse note reste les ruelles non bitumées. « De toute façon, ils ont de grosses cylindrées. Fort heureusement, les grosses voitures ne sentent pas la poussière ni les trous », poursuit mon interlocuteur, qui ajoute : « Ils ont bien fait de construire. Malheureusement, ils ont construit les maisons dans n’importe quel sens ». Au quartier Somontou, les villas ont poussé en un rien de temps. Le jardin public jonchant naguère la tombe de feu Bala Keita (ndlr ancien ministre de l’éducation de feu Félix Houphouët-Boigny) est un lointain souvenir. Tout l’espace est en construction. Même le mur du caveau a été émietté pour faire place à ces constructions pour le moins anarchiques. Autre signe des constructions de folie: le quartier Cocody. On a abattu les arbres de la forêt du mont Korhogo pour faire place à des constructions gigantesques
Des habitations déjà abandonnées
Des habitations déjà abandonnées Si beaucoup de gens ont dans un temps record construit des châteaux, certains n’ont pas pu achever les leurs du fait de la fin de la crise et du retour à la normalité. Ainsi, que ce soit à Cocody, Somontou, ou au Nouveau quartier, certains chantiers sont à l’abandon. « Les sources d’enrichissement de beaucoup ont tari avec le retour de l’État. Ils n’ont plus assez d’argent pour terminer les travaux. Dans quelques temps, ils vont revendre ces maisons. La question est de savoir comment être en règle avec ces lots qui ont été attribués sans documents officiels», indique notre guide. Les prélèvements sur le café, le cacao, le coton, le bétail, l’or, le diamant, le transport vers l’hinterland, l’écoulement des produits de contrebande via des pays de la sous-région, le commerce des véhicules volés ou d’occasion, en passant par les marchandises frauduleusement introduites sur le territoire ivoirien, sont réduits à des degrés moindres avec le retour de l’administration. Ce qui réduit considérablement les entrées de devises et limitent le train de vie de tous les profiteurs de la crise. Qui ont brassé des centaines de milliards de F Cfa dans l’informel, dans des circuits mafieux, qu’ils ont blanchis à travers divers réseaux. Des recettes vitales pour l’économie mais, hélas, très souvent thésaurisées hors du circuit bancaire et qui échappent totalement à l’Etat de Côte d’Ivoire.
Constructions de folie : match serré entre chefs de guerre et Refondateurs
Ce n’est pas ce que vous pensez. De nombreux châteaux à Abidjan, comme les grosses cylindrées, ne sont pas les propriétés exclusives des refondateurs où des jeunes patriotes. Ils appartiennent également aux gens des zones Nord, Centre, Ouest. Ceux-ci dament le plus souvent le pion aux jeunes patriotes ». Commentaire d’un leader de la galaxie patriotique, lorsque, nous lui exprimions notre désir, il y’a deux ans, de faire une enquête sur leurs fortunes. En effet, la crise à profité aux deux camps. Que ce soit les chefs de fil de l’ex-rébellion ou les jeunes patriotes de Laurent Gbagbo, ils sont nombreux à s’être abondamment servis durant les dix années de crise. On se souvient de la vie de pacha des refondateurs et des jeunes patriotes. Dans les bars et maquis, les supers marchés et les rues d’Abidjan, ils faisaient des folies à leur passage. Qui n’a pas encore à l’esprit le château d’Amondji, (aujourd’hui détruit du fait de la construction en cours du troisième pont de la Riviera) et ceux d’Affi N’geussan, de Bouhoun Bouabré, etc. Toutes ces villas achetées ou construites à coût de milliards de frs CFA. Blé Goudé le chef de fil des jeunes patriotes, Dakouri Richard, Jean Yves Dibopieu et autres. Tous ont construit ou acheté des villas et châteaux à travers la ville d’Abidjan, à coût de dizaines de millions. Sans oublier les grosses cylindrées et autres véhicules de luxes offertes à leurs jeunes maitresses.
A. T.
Extraits de le Jour Plus du 12 avril 2012
Sun, 20 May 2012 12:32:00 +0200
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