Les vrais dessous de l’affaire
En réalité, il ne s’agit pas d’une affaire d’arnaque ou d’une escroquerie. C’est plutôt Faure Gnassingbé et Charles Debbasch qui en font une affaire d’arnaque à la nigériane pour mieux brouiller les pistes. Le fond de l’affaire relève en vérité du secret d’État.
En effet nos sources d’investigation et recoupement confirment que le feu président Guéï a effectivement transféré d’importantes sommes d’argent auprès du feu président Eyadema pour les mettre en sécurité lorsqu’il avait perdu le pouvoir en 2002. Le grand arnaqueur du siècle était le président Eyadema. Pour mémoire, sachez que ses victimes sont nombreuses : Feu président Samuel Doe, feu Dr Jonas Savimbi, feu président Mobutu, feu Fodé Sanko, feu président Ange Félix Patassé etc… Le stratagème est le même. Lorsque ses victimes sont en difficulté et sont sur le point de perdre le pouvoir, il les convainc de mettre auprès de lui en toute sécurité leur fortune. Peu de temps après les intéressés décèdent et le magot devient la propriété privée du président Eyadema sans que les ayants droit puissent les récupérer.
Feu président Guéï est tombé dans le même piège et peu de temps après, il fut mystérieusement assassiné. Eyadema aurait utilisé une partie du magot pour financer la rébellion de Côte d’Ivoire de Guillaume Soro et d’Alassane Ouattra. Faure Gnassingbé a parachevé la chute du président Gbagbo. Notons que c’est un officier togolais qui a dirigé les opérations d’achèvement du président Gbagbo. On comprend l’intérêt du président Ouattara à livrer Loik Le Floch Prigent aussi rapidement.
À sa mort, Eyadema laisse une immense fortune gérée d’une main de maître par l’un de ses fils qui est devenu par l’alchimie de Charles Debbasch, l’actuel président du TOGO. La gestion de cette richesse colossale est source de conflit sanglant entre les héritiers d’Éyadema et a constitué l’une des raisons de l’emprisonnement de Kpatcha Gnassingbé. Faure Gnassingbé veut effacer toute trace donc de cette supposée fortune du feu président Guéi pour ne pas rendre compte à ses ayants droit. Faure Gnassingbé savait que si l’opinion comprend la situation et le montant d’argent de Gueï qu’ Eyadema a détourné, les ivoiriens et l’Etat ivoirien vont chercher à récupérer le magot. Ceci n’est pas sans précédent dans la mesure ou une partie de l’argent d’Abacha du Nigeria ou même de Baby Doc (Haiti) a été retournée à leur pays respectivement. Alassane Ouatara qui connait bien ce dossier avec la complicité des Français et de Campaoré a déjà touché sa part du gâteau car une partie de l’argent a servi à financer sa rébellion. Maintenant c’est la part d’Eyadema qui est en jeu. Donc Alassane n’est pas en position de réclamer cet argent mais le peuple ivoirien le fera et c’est là où le bas blesse.
Aussi à cause de la guerre fratricide autour de la fortune d’Eyadema, l’information a été ébrutée. Les proches de Kpatcha Gnassingbé que sont Pascal Bodjona, Sow Agba Bertin ont donc cherché à aider des réseaux étrangers à récupérer le magot pour leur propre enrichissement personnel. Abbass Youssef est le cerveau du réseau étranger. Son conseiller, Loik Le Floch Prigent a utilisé ses propres réseaux mafieux français et ivoiriens pour confirmer l’existence des fonds. Si ce n’est le cas, dites-nous sur quelle information Loik s’était basé pour confirmer l’existence des fonds à Abbas après son retour de Lomé dans les premiers moments de cette affaire? Loik n’est pas assez con pour tomber en disgrâce et voir ses intérêts menacés auprès d’Abbas au profit d’un nigérian, d’un togolais Agba ou Bodjona. C’est pourquoi Faure veut maintenant découvrir les éléments informateurs du réseau de Loik. Raison majeure de son arrestation.
Tout devait normalement bien se passer si Abbas Youssef n’avait pas trahi les siens. Il informe discrètement Faure Gnassingbé de leur opération secrète. Ce dernier surpris par le fait que la brèche a été vendue c’est-à-dire qu’il a eu une fuite sur la disponibilité des fonds de Guéï, s’est senti menacé de perdre cet argent qui a appartenu à Éyadema.
Faure furieux, demande à Abbas de continuer la manœuvre comme si de rien n’était jusqu’à ce qu’il ait suffisamment de preuve pour coincer ses collaborateurs qui étaient en fait les hommes de main de Kpatcha Gnassingbé. Faure a assuré l’émirati que tout ce qu’il aura dépensé lui sera remboursé jusqu’au centime s’il jouait le jeu jusqu’au bout. Raison pour laquelle l’émirati a dépensé sans compter. Agba, Bodjona et Loik croyaient que l’émirati était un généreux naïf donateur. C’était plutôt un piège à combien tendu pour eux.
Il devient donc évident qu’une condamnation de justice des inculpés sur la thèse de l’arnaque à la nigériane permettrait à Faure Gnassingbé de nier l’existence de la fortune de Guéi qui en fait est une propriété de l’État de Côte d’Ivoire dont une partie a servi à financer la rébellion. Faure Gnassingbé s’est accaparé de l’autre partie et a coupé l’herbe sous le pied de son frère Kpatcha qui voulait avoir sa part. Ses collaborateurs ou hommes de main que sont Bodjona et Agba, des chefs miliciens qui se sont enrichis du système en payent aujourd’hui, le prix.
L’émirati n’a donc perdu aucun sous. Il a plutôt gagné de mirobolants contrats pour service rendu. Faure Gnassingbé veut tirer son épingle du jeu et garder la fortune mal acquise. Un vrai polar à la togolaise. Reste à savoir combien est réellement le montant de ce magot. Faure se contente de détourner l’attention de l’opinion à travers ce montage grotesque, ce qui a été toujours la spécialité du RPT et des enfants d’Eyadema .Faure Gnassingbé peut tromper des naïfs mais pas le peuple togolais. Il répondra un jour devant la justice de ses agissements dignes d’un assassin, bandit et manipulateur de grand chemin.
Vicentey Ben Polar www.mtn-togo.org
Le coup de fil de Faure Gnassingbé à Alassane Ouattara qui scelle tout
Loïk Le Floch-Prigent, le Français cité dans l’affaire dite d’escroquerie internationale est au Togo depuis le samedi, 15 septembre 2012, suite à son interpellation par la police ivoirienne et à son extradition au Togo en exécution, a-t-on dit, d’un mandat d’arrêt international émis contre lui par la justice togolaise et d’une coopération dite « de police à police ». Mais ce que nombreux ne savent pas, c’est que c’est un coup de fil émis in extrémis par Faure Gnassingbé à son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, qui a scellé le sort de l’ex-PDG de Elf.
L’axe Abidjan-Lomé se porte à merveille. L’interpellation et l’extradition de Loïk Le Floch-Prigent sont la dernière illustration en date de ce fait. En effet, à en croire la Lettre du Continent, elles s’inscriraient dans le cadre des échanges de bons procédés entre Alassane Dramane Ouattara, le nouvel homme à craindre en Afrique de l’Ouest, pour ses dérives dictatoriales et Faure Gnassingbé, son allié de première heure.
Selon ce journal électronique, c’est un coup de fil du président Faure Gnassingbé à son homologue Alassane Ouattara, qui a tout accéléré. « Les autorités togolaises s’y sont prises à la dernière minute pour passer à l’action. Au moment d’être menotté, LLFP venait de séjourner une dizaine de jours en toute tranquillité dans la capitale économique ivoirienne. Il a été interpellé à l’aéroport international d’Abidjan, en salle d’embarquement, au moment de prendre le vol Air France à destination de Paris. Il a donc passé tous les points de contrôle en amont sans être inquiété. Preuve de la précipitation : l’opération a été supervisée par le ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, qui assistait à ce moment à un vernissage à la Galerie Cécile Fakhoury et a dû sortir des lieux pour donner ses ordres. Emmené par les hommes de Lanzeni Touré, commissaire de l’aéroport, au poste de police situé dans l’enceinte militaire, LLFP a pu recevoir la visite des services consulaires de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire (lire le texte ci-dessous) ».
Selon certaines explications, c’est l’interview accordée par l’ex-PDG du groupe pétrolier français Elf et dans laquelle il se défendait en affirmant : « aucune plainte n’a été déposée contre moi au Togo » et que ce sont ses anciens collaborateurs des différentes entreprises qu’il a eu à gérer par le passé, à qui il fait appel pour des missions, qui ont donné leur avis sur l’offshore togolais. Il a aussi fait état de ses relations avec le Chef de l’Etat : « Moi les relations que j’avais avec le Togo, c’était avec le Chef de l’Etat et le ministre chargé du pétrole pour regarder la situation des blocs au Togo que j’ai regardé avec mes collaborateurs comme j’ai regardé au Bénin ». Et surtout déclaré qu’il lui semblait que « Faure Gnassingbé a tenu compte de cet avis pour faire en sorte que cet offshore togolais soit regardé par l’entreprise italienne l’ENI » (lire l’interview). Serait-ce ces propos de l’ex-patron du groupe pétrolier Elf qui ont mis le feu aux poudres ?
En attendant d’y voir un peu plus clair, il y a une chose sur laquelle s’accordent tous les esprits : l’interpellation de Loïk Le Floch-Prigent et son extradition vers le Togo se sont faites dans des conditions fort controversées. Tout comme d’ailleurs tout ce qui se fait dans ce dossier depuis l’arrestation de Sow Bertin Agba le principal accusé et celle de l’ex-ministre togolais de l’Administration territoriale et que les avocats de ce dernier ont dénoncé dimanche dernier, lors de leur première sortie médiatique. L’interpelé a été longuement entendu hier par le Juge Bitassa, Doyen des Juges d’Instruction . Il a été inculpé à l’issue de son audition qui se poursuivra aujourd’hui.
Affaire à suivre.
Magnanus FREEMAN in liberte-togo.com
Thu, 27 Sep 2012 15:31:00 +0200
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