« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

L’Etat au rythme du destin d’un individu


Guillaume Soro a déposé la démission de son gouvernement depuis le jeudi dernier. Un nouveau gouvernement devrait donc être mis en place dans les heures qui suivent. Mais le peuple peut toujours attendre. La marche de l’Etat peut souffrir l’absence d’un gouvernement pendant 92 heures. Il urge plutôt de caser d’abord le chef rebelle au perchoir du parlement. Aujourd’hui s’ouvre une session parlementaire qui consacrera l’élection, sur fond de compromis, de Guillaume Soro comme président de l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Il faut le faire ! On aurait applaudi de tous nos membres, pour une fois qu’on n’opère pas les changements politiques à coups de largages de bombes, si on n’avait pas l’impression que la nation ivoirienne est en train de se construire sur du sable mouvant à coups de chantages politiques. C’est malsain et cela ne perturbe aucune conscience politique en Côte d’Ivoire. Le Rdr a toujours refusé qu’on dise que les Forces Nouvelles de Guillaume Soro étaient sa branche armée. C’est ce qui explique d’ailleurs que dans tous les gouvernements, depuis les accords de Marcoussis, ces deux forces ont toujours été représentées, chacune selon son poids. Soro n’a donc jamais rien été officiellement au Rdr. Qu’il soit donc porté par ce parti, qui n’est certainement pas à la recherche de cadres compétents pour ce poste, pour occuper la présidence du parlement, cela sent la compromission en plein nez. Parce qu’au décompte final, qu’est ce qui reste au parti au pouvoir ? Si, selon la logique des chantages et compromissions politiques, la primature au Pdci, le parlement aux FN, où se trouve le Rdr, vainqueur des dernières élections présidentielle et législatives ? Va-t-il se consoler d’avoir la présidence ? C’est en cela que toutes ces danses autour de l’avenir de Soro Guillaume se font au détriment de toute axiologie politique parce qu’en principe, selon notre constitution, le président de la République, dès son élection, appartient au peuple et non à un parti politique. Mais que voulez-vous ? Dramane Ouattara est un chef de parti-Etat.



Joseph Marat

Mon, 12 Mar 2012 02:48:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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