« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Lettre ouverte au Ministre Kobenan Kouassi Adjoumani suite à sa réponse à KKB : « Vous et votre groupe ne voulez aucun débat parce que vous avez peur qu’on vous arrache le beurre que vous vous apprêtez à passer dans votre pain »

Je ne me permettrai pas de descendre dans la gadoue avec vous. Pour le respect et l’éducation que nous avons, vous et moi, permettez-moi tout simple, avant tout propos, de vous présenter toutes les civilités dues à votre rang de ministre et d’aîné.
Vous interpelliez votre jeune frère, récemment, dans une lettre ouverte et largement diffusé par les media nationaux et sur internet, pour selon vos propres termes, avoir attaqué ‘’le père ‘’. Vous accusiez votre jeune frère de ‘’ parricide ‘’. Mais au fait, je me demande bien si votre mémoire n’est pas sélective. Si c’est le cas, je voudrais vous rappeler un certains nombre de choses. De votre toute première élection à la députation à votre accession à ce poste de ministre. Je me rappelle comme si c’était hier, en 1995, lorsque très jeunes enseignant, vous avez bravé les ainés pour vous faire designer aux élections primaires, candidat du PDCI-RDA dans la circonscription électorale de Tanda. Vous aviez en son temps, en face de vous le Doyen Koko. Personne ne vendait cher votre peau. Mais vous avez été choisi. Si les aînés ne vous avait pas cédé la place, vous ne seriez pas la où vous êtes.
Vous êtes donc parvenu au parlement avec pour tout et tout ambition de pourfendre le régime de Laurent Gbagbo. La suite nous la connaissons. Un procès avait été collé par l’Ex-Président. Cela vous a attiré une sympathie des adversaires de Laurent Gbagbo. Et chemin, le hasard et je dis bien pure hasard vous a emmené là ou vous êtes. Du professeur licencié vous vous retrouvez ministre. Vous avez été certainement surpris. Je comprends d’ailleurs pour quoi vous vouez un culte Sacro Saint au président Henri Konan Bédié que je respecte et j’admire d’ailleurs. Pour avoir fait de vous un ministre. Mais, Je vous renvoie à une relecture de la révolution française de 1789.De la contestation de la monarchie absolue à la prise de la Bastille. Vous comprendrez que ce spectacle n’est pas loin de se produire au PDCI.

Eh bien ! Si vous aimez tant Henri Konan Bédié, dites lui de respecter les textes tout simplement. Cela le grandirait. Faites une analyse en vous basant sur le schéma Estonien comprendrez que Bédié n’a pas de soutien dans les forces vives de la nation ivoirienne. Seul les nostalgiques comme vous sont encore accrochés à lui. Il peut être utile ailleurs, mais pas à la tête du PDCI. Le Sphinx de Daoukro mérite une retraite dorée dans la ville éponyme. A cet âge et avec ce long parcours, Bédié devait être le baobab à l’ombre duquel les jeunes viendraient apprendre la sagesse. Hélas!!! Il a accepté de jouer avec ses enfants et le respect a foutu le camp !!! Dommage.

KKB qui a donné toute sa vie et sa jeunesse ne saurait trahir. Je ne vous tiens pas rigueur parce que vous défendez votre pain. Mais nous autres, nous n’avons pas encore de pain. Notre avenir politique et la survie du PDCI dépend de la réussite du combat de KKB. Au sein des grandes formations politiques, le débat interne a toujours existé. Mais au PDCI, vous et votre groupe ne voulez aucun débat parce que vous avez peur qu’on vous arrache le beurre que vous vous apprêtez à passer dans votre pain.

Depuis la mort du père fondateur du parti, rien ne va. Le parti n’a jamais remporté d’élection. Aucun triomphe. Le malaise continue. Le parti est devenu un fourre-tout. Les militants vont et reviennent. La discipline n’existe plus. Véritable champ de patate. Préférez-vous ce cafouillage? Je ne le pense pas. Car vous êtes originaire d’un peuple à royauté. Et partant organisé. Dans le rôle que vous vous plaisez à camper, vous êtes le cocue qui est toujours le derniers à savoir qu’il est cocufié. Vous serez le dernier à savoir que Bédié ne fait plus l’affaire de la jeune génération. Pour l’instant vous semblez être le seul qui ne sent pas le vent du renouveau et rajeunissement. Puisque c’est votre ventre qui vous intéresse le plus, vous êtes aveuglé par ce pouvoir comme le disait Wolé Soyinka ‘’ une drogue qui en enivre ‘’.

Ouvrez les yeux et cessez d’être le dindon de la farce. Vous ne pouvez pas être plus royaliste que le roi. Votre position de ministre vous donne certes des avantages que vous utilisez à votre aise et je dirai de la plus mauvaise manière. Dans le Gontougo, vous avez cette volonté manifeste d’écraser les autres. Ministre des ressources halieutiques, Président du Conseil regional, Député, Délégué départemental de PDCI… Vous avez le plein droit parce que vous avez moyens financiers grâce à votre gestion approximative et scabreuse du ministère et du conseil général de Tanda.

Il y a un proverbe de chez vous et moi qui dit que : « lorsque vous allez à la recherche de fruit de rônier et que vous en trouvez par terre, remercier plutôt le vent ou la providence, car ce n’est pas votre beauté qui a permis à ce que vous en trouvez ». Je crois que vous m’avez bien saisi. Arrêter de menacer KKB. Vos menaces ne serviront à rien. Le mouvement est lancé et rien ne pourra l’arrêter. Chaque fois que vous vous attaquez à KKB, vous trouverez, en face de vous, des personnes pour vous répondre.

Ouatara. Ben. Djibril
Journaliste
Diplômé en Sciences Politique

ouatarabendjibril@abidjandirect.net

Mon, 22 Jul 2013 16:37:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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