« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Lettre ouverte d’un camerounais à Simone Gbagbo : « Madame, vous avez le soutien de tout un continent et au-delà. »

À la patriote africaine, injustement incarcérée en Côte d’Ivoire

Aujourd’hui par ce texte, je voudrais très humblement et subtilement traverser tel un zéphyr les clôtures et murs bien gardés qui vous entourent, pour briser cette solitude que vous impose votre détention arbitraire depuis quelques années. Madame, vous êtes en prison. Mais la prisonnière, ce n’est pas vous. Le prisonnier, ce n’est pas votre cher et vaillant époux non plus. Les prisonniers sont ces hommes de paille qui dirigent la Côte d’Ivoire après leurs terreurs et le coup d’Etat d’avril 2011. Madame, vous avez le soutien de tout un continent et au-delà.

Madame Simone Gbagbo, Valeureuse femme africaine,
Aujourd’hui par ce texte, je voudrais très humblement et subtilement traverser tel un zéphyr les clôtures et murs bien gardés qui vous entourent, pour briser cette solitude que vous impose votre détention arbitraire depuis quelques années.

Vous voilà injustement claustrée en Côte d’Ivoire en Afrique, pendant que les imposteurs au pouvoir à Abidjan avec d’autres ennemis du peuple ivoirien cherchent en vain les poux sur la tête d’un chauve placé à la Haye en Europe, votre époux, le président Laurent Gbagbo.
Criminels et fieffés menteurs couverts de honte qu’ils sont, qu’auraient-ils pu faire ou dire d’autre devant les relents fétides de leurs actes immondes inoubliables perpétrés sur de nombreux innocents et valeureux patriotes ivoiriens ?

Madame Simone Gbagbo, Valeureuse femme africaine,
Quand je parle de votre solitude, c’en est une. Parlant de votre claustration, c’en est une. Oui, Madame, les murs et clôtures ainsi que les gardes qui vous entourent sont des bornes à vos mouvements, à votre liberté d’expression et a votre plein épanouissement.

L’absence de votre progéniture, l’éloignement de votre cher époux, l’absence des membres de la famille étendue, des amis et camarades, sont autant de facteurs et pesanteurs qui vous rendent la vie un tantinet difficile. Tout cela est évident.

Toutefois Madame, je vous connais. Là où vous vous trouvez, vous portez une puissante arme que nombre de femmes n’ont pas. Vous avez une formidable arme invisible que nombre d’hommes ne possèdent pas : l’arme spirituelle.

C’est cette arme-là qui a permis a votre époux et vous de tenir en équilibre pendant les dix années que des terroristes sous l’impulsion des étrangers avaient coupé la Côte d’Ivoire en deux. C’est la même arme qui vous a permis de résister aux usurpateurs, l’armée française et l’ONU et autres qui détruisaient le pays.

Madame Simone Gbagbo, Valeureuse femme africaine,
Vous et votre époux, si vous ne pouvez vous dire heureux dans votre situation actuelle, ne vous dites pas malheureux. Et aussi, si vous ne pouvez vous dire chanceux, ne vous dites pas non plus malchanceux. Dieu tout puissant et les ancêtres africains ont joué superbement en votre faveur.

Cet arbitrage en votre faveur s’est confirmé quand en avril 2011 vous êtes restés tous deux en vie au lendemain des bombardements de l’armée française sur le Palais présidentiel (élément symbole de la souveraineté du peuple ivoirien) couronnés par votre capture par la même armée qui vous remit aux rebelles terroristes pour humiliation et lynchage.

Hier vous étiez la Première dame de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui vous êtes, tout comme votre époux, un grand symbole africain de la résistance contre les figures rétrogrades niaises africaines de l’acabit de Guillaume Soro et les forces de l’occupation et de la domination.

Les bourreaux du peuple ivoirien accusent de crimes votre époux et vous. Ils peuvent avancer toutes les raisons du monde et gaspiller des fortunes ivoiriennes pour fabriquer toutes les preuves possibles. Ils peuvent tout inventer pour chercher à convaincre l’opinion et à vous noyer. Mais ils ignorent une chose : Ils n’écraseront jamais la tête de la Vérité.

Madame, dans une Afrique où l’ancien Maître (qui n’est de fait pas ancien maître parce que jamais parti) s’accroche mordicus et veut toujours décider sur nos orientations économiques, politiques et sociales, dire non, vouloir libérer son pays, vouloir assez de gâteau pour son peuple, sont ipso facto de grands crimes aux yeux de ce maître. Voilà en quoi vous et votre époux êtes des criminels.

Madame Simone Gbagbo, Valeureuse femme africaine,
Vous voilà dépourvue de liberté, vous voilà détenue et gardée ; et par qui ? Ah, le monde est fou. La honte en Afrique, en politique ne tue pas. Vous voilà humiliée par Guillaume Soro l’ami intime et camarade de Blé Goudé. Vous voilà prise dans les filets de Soro, afin que ce dernier assouvisse ses ambitions politiques.

Guillaume Soro est celui que votre mari et vous avez aidé financièrement, matériellement, éduqué syndicalement, politiquement et soutenu dans les dures années de répression de Houphouët et Konan Bédié. Je n’imagine pas comme le font certains, je ne parle pas par ouï-dire, je parle du vécu, je parle de visu.

Comment Soro est-il arrivé non seulement à se baigner dans le sang des Ivoiriens pour sa splendeur politique, mais aussi à croquer doublement et sévèrement les mains qui l’ont nourri ? Ah, qui eût cru ? Le coeur humain tout comme les avenues de la politique restent à jamais insondables. Toutefois, les vrais Ivoiriens ont compris la supercherie et ne doivent pas dormir sous l’occupation et l’oppression.

En dépit de ses crimes contre son pays et son peuple, j’ai formulé a maintes reprises le voeu de ne voir ni Soro, ni un autre Ivoirien ni tout autre Africain (coupables de crimes ou non) à cette chose de la Haye appelée la CPI. Je pense et soutiens ferment que les Africains doivent s’organiser au niveau continental pour se prendre en charge ou s’autogérer.

Madame, vous êtes en prison. Mais la prisonnière, ce n’est pas vous. Le prisonnier, ce n’est pas votre cher et vaillant époux non plus. Les prisonniers sont ces hommes de paille qui dirigent la Côte d’Ivoire après leurs terreurs et le coup d’Etat d’avril 2011. Madame, vous avez le soutien de tout un continent et au-delà.

Léon Tuam

Thu, 13 Jun 2013 20:48:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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