Désaccords
Plusieurs diplomates interrogés par l’Agence France-Presse ont estimé que la Libye était de facto suspendue de l’Union africaine, soulignant toutefois que le Conseil de paix et de sécurité de l’UA n’avait pas, contrairement à l’usage, officialisé cette suspension. Les responsables de l’UA ont refusé de préciser si des partisans du colonel Kadhafi pourraient participer au gouvernement d’union qu’ils appellent de leurs voeux. "Nous n’avons décrit aucune des parties, il y a beaucoup de parties impliquées dans le conflit", a fait valoir Jacob Zuma.
L’UA se retrouve en tout cas en porte-à-faux avec une partie de ses membres, car au moins une dizaine de pays africains, sur un total de 54, ont reconnu le CNT, parmi lesquels l’Éthiopie, le Burkina Faso, le Tchad, le Nigeria, le Sénégal, la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Rwanda. Jacob Zuma a estimé que ces pays avaient agi à titre individuel, et que "l’UA était unie sur la position" arrêtée vendredi. Toutefois, pour l’ambassadeur de Libye en Éthiopie, Ali Awdian, "ce n’est qu’une question de temps" avant que l’UA reconnaisse le CNT. "Ils reconnaissent que le régime de Kadhafi est terminé. Ils ne l’ont pas mentionné aujourd’hui car ils savent qu’il est terminé", a poursuivi Ali Awdian, qui a lui-même récemment fait allégeance au CNT.
Kadhafi, promoteur acharné de l’UA
L’UA a tenté en vain tout au long du conflit libyen d’engager une médiation entre les rebelles du CNT et le régime de Muammar Kadhafi, ce que les premiers ont rejeté en posant comme préalable le départ du "Guide" de la révolution libyenne. Les rebelles n’ont pas caché leur suspicion quant à la neutralité de l’UA, traditionnellement proche du colonel Kadhafi, un des promoteurs les plus acharnés de l’unité africaine, et plus prosaïquement un des principaux contributeurs au budget de l’organisation continentale, en plus de faire profiter de ses largesses nombre de régimes africains.
De leur côté, les responsables de l’UA estiment que leurs efforts de paix en Libye ont été sabotés par l’intervention militaire de l’Otan contre le régime Kadhafi, menée selon eux au prix d’une distorsion du mandat initial de l’ONU visant à protéger les populations civiles. "Pour des raisons multiples, nos efforts n’ont pas abouti aux résultats escomptés", a reconnu le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, en ouvrant vendredi les débats du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation.
LEPOINT.FR
Sun, 28 Aug 2011 15:49:00 +0200
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