Depuis près d’une année, des experts maritimes ne cessent d’attirer l’attention des gouvernants sur les pratiques anormales du Directeur général par intérim du port autonome d’Abidjan qui risquent de conduire l’entreprise au chaos. La compétitivité du port autonome d’Abidjan est menacée. l’image rayonnante de l’entreprise qui faisait la fierté de la Côte d’Ivoire sombre. Et ce, par la volonté d’un homme. Monsieur Sié Hien, son actuel Directeur général par intérim. Il a bouleversé tout le travail abattu par son prédécesseur et mis l’entreprise sur la voie du chaos. Il a pris en effet plusieurs décisions impopulaires qui ont fini par saper la bonne atmosphère qui régnait au sein de l’entreprise au temps de Marcel Gossio. Laquelle atmosphère, évidemment, ne peut être propice au développement de l’entreprise. Sa première décision impopulaire a consisté à se séparer de tous les spécialistes maritimes venus de la Fonction publique qui avaient été recrutés par Marcel Gossio pour mettre leur expertise au service de l’entreprise. La seconde décision impopulaire a été de relever de leurs fonctions les 98% des membres du comité directeur qu’il a trouvé sur place. la troisième l’a amené à jeter plusieurs centaines d’agents à la rue dans le cadre d’une vaste opération de licenciements. Quand la quatrième décision impopulaire le poussait à annuler les diplômes de plusieurs agents dans le cadre d’une autre opération baptisée « la traque aux faux diplômes ». Enfin, par une cinquième décision malheureuse, Sié Hien vient de rétrograder une cinquantaine d’agents ayant bénéficié de reclassement exceptionnel au temps de Marcel Gossio. Cette cinquième décision a particulièrement suscité la réaction des juristes de notre pays. Qui expliquent en chœur qu’une décision de reclassement exceptionnel est un droit acquis par l’employé et elle ne peut être révoquée. D’ailleurs, le service juridique du port avait lui aussi attiré l’attention du Directeur Général par intérim sur le risque d’un probable procès contre l’entreprise que cette décision présentait. Mais, de toute évidence, ce n’est pas un procès en justice (que le port pourrait remporter aisément avec son collège d’avocats et la puissance financière dont il dispose) qui va stopper Sié Hien dans sa farouche volonté de nuire à ses agents. A propos de ce qui amène l’ancien directeur des travaux et aménagement de Gossio à agir ainsi, voici ce que répondent certains de ses proches collaborateurs : «Il en veut terriblement à Gossio. Il n’a pas encore digéré sa mise à la touche par ce dernier dans l’affaire des déchets toxiques». Mais, si tel était le cas, qu’est-ce que les agents ont à y voir. Va-t-il «sacrifier» le port sur l’autel de la vengeance ? En tous cas, le poumon de l’économie nationale se meurt. Et madame Tapé, cette ménagère ivoirienne interrogée hier sur les ondes de la Radio mondiale Rfi, alors qu’elle se trouvait au port de pêche, ne fait que le constater. « le poisson est cher. Depuis des mois, les bateaux ne viennent pas au port. On a faim…» at- elle répondu au journaliste qui voulait savoir si l’atteint du point d’achèvement du Ppte était source d’espoir. Au moment où le trafic au Paa est passé de 24 millions de tonnes de marchandises en 2010 à 16 millions de tonnes en 2011. Sans commentaire.
Enise Kamagaté in Le Temps