« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Litige foncier à Treichville: Des femmes bastonnées par des Frci

Des femmes qui manifestaient jeudi 14 juin 2012 au marché de Belleville à Treichville, ont subi la furia de quelques éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire(Frci). Elles ont été sévèrement bastonnées en se dressant contre la construction d’un bâtiment à deux niveaux appartenant à une dame nommée Tagoua.
Ces infortunées ont été tirées d’affaire par l’intervention d’une âme généreuse, candidate à un poste électif local,dont l’identité ne nous a pas été révélée. Selon des témoins de la scène, c’est aux environs de 12 heures que deuxcargos des Frci sont arrivés sur les lieux à proximité de la pharmacie ‘’Belleville’’.
Selon Mme Huguette Gahié, l’une des victimes de la bastonnade, ces militaires qui ont été  »réquisitionnés » par une dame, directrice de société domiciliée à la Riviéra (propriétaire des magasins en construction), étaient accompagnés de maçons pour la poursuite des travaux. Pourtant, cette occupation, selon elle, avait été interdite par les autorités municipales.
Pour les riverains, l’espace vert de ce bourg populeux constitue la seule voie d’accès non seulement pour les sapeurs-pompiers en cas d’incendie, mais également pour les éboueurs chargés de vider les égouts. Son occupation, à les en croire, présenterait de multiples dangers pour les riverains. En plus d’être un lieu de délassement, ce site est  »une issue de secours » pour une dame du troisième âge amputée des deux membres inférieurs.
Étant entendu que, c’est à partir de ce lieu qu’accède le véhicule chargé de la conduire à l’hôpital pour des soins qu’elle doit effectuer presque tous les jours.  »Si à ce lieu précis, l’on construit un bâtiment quelconque, les riverains se retrouveraient privés de bien des droits universels. Notamment, le droit à l’environnement et à la liberté de circuler », a confié un vieux retraité de la cité.
Interrogé sur la propriété de ce site litigieux dont les occupants avaient été déguerpis pour la première fois le 19 octobre 2011, l’entrepreneur de la dame en question n’a pas perdu son latin. Pour lui, il s’agit d’un espace vert de 200 M2 avec pour titre foncier (TF) N°8441 appartenant à sa patronne depuis 2005.

G. DE GNAMIEN in L’Inter

Fri, 22 Jun 2012 00:24:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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